Paniekvoetbal à la Suédoise. Ou quand Charles perd les pédales.

Capture d’écran 2014-11-17 à 18.32.27Paniekvoetbal, en néerlandais, décrit une équipe qui tire dans tous les sens pour éviter que la balle n’entre dans ses buts lorsque l’équipe d’en face a tellement pris le dessus que marquer semble impossible. Dans le paniekvoetbal, les joueurs ont perdu tout sens de l’organisation, la défense est désespérée, l’attaque inaccessible, et tout raisonnement un tant soit peu créatif, ou même simplement raisonnable est exclu. Et plus elle s’affole, plus l’équipe s’approche de l’inéluctable ratatinage.

Le mot paniekvoetbal a désormais un sens plus précis en français. Il décrit un parti qui, s’étant engagé dans une coalition contre nature dont il risque de faire tous les frais sans en recueillir le moindre bénéfice, se met à tirer à vue sur n’importe qui, aggravant encore la situation dans laquelle il se trouve. Ce parti, c’est le MR. Son paniekvoetbal a été révélé ce dimanche, par un twit du porte-parole du premier ministre, Frédéric Cauderlier, au politologue de l’ULB Pascal Delwit. Ce dernier avait eu le malheur de pépier auparavant :

Charles Michel : « Une non-indexation, c’est une non-augmentation des revenus ». Nouveaux manuels en vue.

La réponse n’a pas tardé, par la voix de Frédéric Cauderlier :

@pdelwit L’IEV aurait une autre analyse ?

Les non-initiés ne le percevront pas, mais c’est une véritable gifle : l’IEV dont parle Cauderlier, c’est l’Institut Émile Vandervelde, autrement dit, le centre d’études du… parti socialiste. En une toute petite phrase, le « monsieur presse » du premier ministre insinuait donc publiquement que, non seulement le politologue Delwit avait une vision partisane de la politique, mais en plus, qu’il violait les règles fondamentales de l’Académie en prenant ses sources au parti socialiste !

Le salaire réel, Charles n’en est pas revenu !
Le pire, c’est que dans cette histoire, Charles Michel a bien été pris en flagrant délit de démagogie. Posons sa question plus simplement, en ôtant la double négation. Une indexation est-elle une augmentation des revenus ? Oui, si l’on parle du revenu en termes absolus (le revenu nominal). Autrement dit, la somme exacte, en euros, qui vous est virée en fin de mois augmente effectivement. Mais Charles Michel ne précise pas qu’il parle du revenu nominal ! Il dit simplement « le revenu ». Et comme il est question d’index dans la phrase, autrement dit, de l’adaptation du salaire au coût de la vie, il va de soi que le mot revenu dans ce contexte ne peut être compris que comme le revenu réel, à savoir, le pouvoir d’achat. Or, une indexation ne représente pas une augmentation du revenu réel. L’index ne représente même pas une adaptation continue de celui-ci, mais un rééquilibrage postérieur à l’inflation. L’index corrige donc une baisse du revenu réel qui a déjà eu lieu et dont le salarié a déjà fait les frais. Ainsi, si l’indice pivot de 101,02 (par rapport à 100 en janvier 2013) était atteint en mai 2015 — ce que rien ne laisse présager —, le salarié aurait vu son salaire amputé d’une moyenne de 0,5 % (au pif) pendant plus de deux ans !

Dire alors que l’index augmente le revenu est parfaitement abusif. Charles Michel profite du peu d’ampleur de l’indice des prix actuel, qui peut donner cette impression. Mais voyons cela sur une plus longue période. Si on n’avait pas adapté les revenus depuis 1999, le salaire brut moyen des Belges au travail ne serait pas de 3.258 €, mais bien de… 2.238 €. Et votre pouvoir d’achat (ou votre revenu réel) ne vaudrait plus que les 2/3 de ce qu’il valait à l’époque — pas si lointaine ! Conclusion : l’index n’augmente pas le revenu et Charles Michel a joué d’un effet de pure rhétorique, digne de la 2e secondaire, et je suis encore gentil.

Pascal Delwit, généralement zen comme un marabout digérant son déjeuner au soleil de la savane, répond à Cauderlier avec une virulence exceptionnelle qui témoigne de l’agression qui lui a été faite :

.@FredCauderlier [Je] ne sais pas [ce que pense l’IEV NDLA], demande-leur. Mais dans les milieux scientifiques, une indexation, c’est une adaptation au coût de la vie.

Delwit rappelle à Cauderlier qu’il est scientifique, qu’il n’a (évidemment) pas de lien avec l’Institut Émile Vandervelde, et rend la gifle en lui donnant la définition scientifique d’une indexation. Acculé dans les cordes, Fred Cauderlier donne l’ampleur de l’analyse « scientifique » libérale actuelle en ânonnant : 

@PDelwit dans le portefeuille c’est un montant supplémentaire à la situation d’avant indexation. #soyonsconcrets.

Concret ? Mais avec une concrétude pareille, on peut aussi remplacer votre salaire en euro par le même montant en yens et affirmer que « dans le portefeuille, le montant est le même ».

Une Midden-Trabant au prix d’une Ford (de Genk)
C’est tout de même grave que, confronté à une telle approximation de son patron, le porte-parole du premier ministre ne redresse même pas l’image et cherche, comme lui, à nous vendre un TEE pour un TGV, une Lada Niva pour une VW Tiguan ou encore un camembert Monoprix pour un brie de Meaux. Car au mieux, dans le portefeuille, c’est peut-être un montant de 2 % « supplémentaire », mais c’est aussi un portefeuille qui se vide 2 % plus rapidement. Et dire l’un sans dire l’autre, c’est de la pure propagande. Du mensonge. Du blabla.

Tout cela n’a rien d’étonnant. La veille de ce coup d’éclat dominical, c’est Charles Michel lui-même qui s’en prenait aux « politologues » dans SudPresse : « On n’a pas forcément côté francophone des politologues qui ont un avis favorable à notre égard. Beaucoup de commentateurs sont connotés. Certains sont même ‘engagés’ ». Et lundi matin, La Libre reprenait cette citation hallucinante en précisant que ces propos visaient Michel Henrion, Alain Raviart ou encore Pascal Delwit. D’autres sources rapportent que des articles parus dans de grands quotidiens n’ont pas plu non plus.

Or, en Belgique, critiquer la presse n’est pas nouveau dans le chef d’un premier ministre. Yves Leterme avait même atteint le point Godwin en comparant la RTBF à la radio rwandaise qui avait appelé au génocide. Il n’est même pas déraisonnable de penser que Michel Henrion a plutôt un point de vue de gauche et que Raviart est parfois plus catholique que la papesse Milquet. Mais c’est maladroit parce que leur opinion n’est certainement pas un calque de celle d’un parti, loin de là. Autant appeler la presse et les chroniqueurs à taper encore plus fort sur vous !

Mais cibler les politologues (des scientifiques), et un d’entre eux en particulier en le faisant passer pour partisan parce qu’il relève une information volontairement erronée dans le chef du patron du pays, ça, c’est tout à fait nouveau ! Et cela montre que le MR commence à sentir ses fesses chauffer. Paniekvoetbal.

Ducarme désuet
Côté francophone, les libéraux sont seuls à la barre (du pays), mais sont en forte minorité dans toutes les assemblées, y compris à la Chambre (dans le rôle francophone, du moins). Ce qui nous a valu un beau vaudeville ce dimanche, à la RTBF, où Denis Ducarme (MR) s’est retrouvé tout seul face à quatre autres partis francophones de l’opposition qui l’ont strontché avec une facilité déconcertante. D’abord parce qu’ils étaient en surnombre. Et ensuite parce que leur discours était plus cohérent, et plus en phase avec les inquiétudes de la population, sinon avec ses colères après le LuxLeaks, notamment. Bien sûr, quand le PS calcule le montant exact que les mesures gouvernementales vont coûter au travailleur, il exagère le résultat. Mais quand le MR explique que ça ne va rien coûter, non seulement, il ment, mais en sus, il prend des risques : quand ses électeurs vont se retrouver avec une moins-value dans leur portefeuille, ils se sentiront trahis par le programme, le parti, et par la parole donnée. Pourtant, un politicien de la carrure de Charles Michel doit savoir que quand on impose des restrictions à sa population, lui envoyer de la poudre aux yeux ne le convaincra pas, au contraire. Tout ça se soldera dans quatre ans et quelques mois.

Pendant le débat, surréaliste, de la RTBF, Denis Ducarme s’est plaint à au moins trois reprises de sa position minoritaire. C’est pourtant bien son parti qui a choisi de monter seul dans le gouvernement de la N-VA ! Ducarme a aussi tenté de s’en prendre aux médias, mais Baudouin Remy l’a rapidement remis à sa place : « vous êtes dans un média », lui a-t-il dit en souriant. Le pire, peut-être, c’est que Ducarme, chantre de la déflamandisation de l’armée, ennemi naturel de la N-VA, évincé d’un poste de ministre par cette même N-VA (alors que personne n’a pensé mettre le hola à l’arrivée des très sulfureux Jambon et Francken… ça dit déjà tout le déséquilibre du gouvernement), en était réduit à défendre bec et ongles le programme… de la N-VA !

Mais au fond, pourquoi était-il seul, Denis ? La RTBF aurait-elle omis d’inviter d’autres partis — flamands — de la majorité ? Apparemment non. Dans les couloirs de la chaîne, on murmure que d’autres partis gouvernementaux auraient bien été invités, dont la N-VA, mais que tous ont décliné l’invitation, laissant Denis Ducarme tout seul dans ce qu’il est convenu d’appeler la fosse aux lions tant l’exercice revenait à se faire dépecer et bouffer tout cru par la surpuissante opposition. Extraordinaire solidarité gouvernementale, vous ne trouvez pas ? Du coup, l‘opposition francophone n’a même pas besoin d’être unie (Ecolo tapant volontiers sur l’ancienne majorité, en particulier sur le PS) pour l’emporter haut la main sur le seul représentant du gouvernement ! Ah oui, le sujet : la taxation des plus-values.

Au théâtre ce soir avec Bart à la barre.
Là aussi, on a assisté à un beau vaudeville. En fin de semaine passée, poussé aux fesses par les LuxLeaks et le somptueux bonus du patron d’Omega Pharma (annoncé dans la presse à 1,45 milliard d’euros, totalement exonéré d’impôts…), le CD&V a fait mine de vouloir un impôt sur les plus-values. Prudent autant que réaliste, Kris Peeters a précisé, sur ATV (la chaîne locale anversoise, que je vous recommande), que c’était son souhait de taxer un peu le capital, mais qu’il se rendait bien compte que ce n’était pas très en phase avec l’accord du gouvernement. Kris Peeters privilégie, dit-il, la loyauté fédérale. Autrement dit : « je demande à tout hasard parce que je sais que ça fait plaisir à mon électorat, mais je sais aussi que ça n’aboutira pas. » D’autres voix au CD&V se sont faites plus revendicatrices. Probablement bousculé par l’actualité, le ministre du Budget, le MR Hervé Jamar, a même entrouvert une petite porte dans la presse avant de vite la refermer, le lendemain, dès potron-minet.

Et qui a mis fin aux atermoiements ? Le premier ministre ? Que non : c’est un duo N-VA qui s’en est chargé, à la Chambre en nous offrant une saynète joliment surréaliste. Les acteurs : le chef de groupe de la N-VA Hendrik Vuye — le fameux professeur flamingant de l’Université de Namur —, et le ministre des Finances, N-VA aussi, Johan Van Overtveldt. Vuye a posé une question parlementaire à son coreligionnaire Van Overtveldt pour lui permettre d’expliquer qu’on pouvait toujours discuter. Son ton ne laissait toutefois planer aucun doute sur le résultat potentiel d’une telle discussion. Et Vuye a ensuite remercié « son » ministre et repris la parole pour dire particulièrement sèchement que si certains voulaient vraiment en discuter, la N-VA aurait, elle aussi, ses exigences.

En clair, elle demanderait du lourd en échange : la limitation du droit au chômage à deux ans, par exemple. Cette pièce de théâtre entre deux ténors d’un même parti jouant l’un, le ministre des Finances et l’autre, un chef de groupe énervé, fut de toute évidence savamment orchestrée, et plus que probablement téléguidée par le big boss, Bart De Wever qui vient d’être réélu président du parti à une stalinienne majorité de 91 % — faisant pratiquement jeu égal avec Lutgen et ses 90,5 %, mais toujours loin de Di Rupo qui avait encore plus singé le petit père des peuples avec quasi 97 % en 2011.

Bart Vader, petit père du peuple de droite.
Curieusement, alors que Bart De Wever se situe terriblement à droite, il est parvenu à transformer la présidence de son parti en présidence de facto du pays, un peu à la façon soviétique. Même le roi n’a plus le moindre millimètre de marge de manœuvre quand Bart a décidé quelque chose. Sa méthode est d’une habileté absolue : son idéologie se situe à ce point à la droite de tout le monde qu’elle fonctionne comme un simple ballon : Bart lâche du lest quand il le veut bien, mais prévient que le ballon peut aussi remonter si on ne respecte pas la doxa minimale qu’il maintient. La perspective d’une chute du gouvernement faisant tellement peur à tout le monde — elle serait forcément au profit des nationalistes — qu’il ne viendrait pas à l’idée de couper le fil qui retient la N-VA captive des autres formations.

Pendant cinq ans, tous les Belges se verront donc imposer le programme d’un parti qui représente un cinquième de la population. Et en Wallonie, ils se verront imposer le programme du gouvernement très flamand par un parti qui représente un quart de la population francophone. Ce n’est pas seulement la rupture d’une certaine vision de la Belgique, c’est carrément la rupture de la démocratie à la belge. Quoi que disent les autres partis, Vuye et Van Overtveldt viennent de nous démontrer que le Schoon Verdiep (le bureau de De Wever à l’Hôtel de Ville d’Anvers) est le vrai lieu du pouvoir belge. Enfin… belge… je me comprends. Et je l’ai dit bien avant que ce gouvernement ne se forme : il est extrêmement dangereux de ne pas confier ses rênes officiellement à son poids lourd, Bart. Parce que d’une manière ou d’une autre, c’est lui qui dirige. Sans prendre le moindre risque, puisqu’il n’a pas officiellement de responsabilité. Confier la chancellerie à Charles Michel revenait donc à mettre à la tête de notre gouvernement une demie-autorité qui passe pour téléguidée — une marionnette francophone de surcroît. Et qu’est-ce que la politique sans l’autorité ?

La rapide clôture du débat sur le révisionnisme de Jan Jambon, sur ses fréquentations insupportables, sur son adhésion à un club — le VVB — dont le président a encore encensé cette année un nazi antisémite qui a envoyé la jeunesse flamande dans la SS ; l’absence de débat sur le négationnisme de Bob Maes, qui a refusé de se distancier du Führer flamand chasseur de Juifs Staf De Clerck ; le silence hallucinant de la communauté juive montrent à quel point la N-VA a non seulement imposé sa politique à l’État, mais aussi imposé aux Francophones une version flamingante du révisionnisme institué de façon indolore et à doses homéopathiques dans les milieux politiques en Flandre depuis 1946, avec la complicité de certains organes de presse, vite satisfaits de vagues excuses ou d’explications fumeuses.

Charles Michel, le courage de se faire hara-kiri.
Charles Michel est donc devenu une parodie de premier ministre par ambition personnelle ou par naïveté, peu importe : le prix qu’il aura à payer sera probablement aussi extrême que le radicalisme de son choix. Non pas « courageux » comme tout le MR le crie en cœur (quand on a besoin de crier, c’est que son message n’est pas crédible), mais suicidaire. Pour lui, pour nous, pour le pays. Suicidaire, parce que la N-VA ne fait absolument rien pour le soutenir dans sa région électorale et que les mesures sont à la fois si dures et si absconses qu’on voit mal qui pourrait encore vouloir d’une droite aussi maladroite en 2019. Suicidaire, parce que gouverner un État sous la direction d’un parti qui en veut la fin, ce n’est pas laisser entrer un cheval de Troie, non : c’est ouvrir grand les portes aux sapeurs d’en face et leur donner les clés de l’armurerie par-dessus le marché ! Suicidaire, parce que le socio-économique à la sauce N-VA est une chimère.

Probablement aveuglé par la perspective de coiffer son crâne glabre d’une couronne trop grande pour lui, Charles Michel n’a même pas pu empêcher la N-VA de s’emparer des portefeuilles de la répression, ceux où la rigueur d’action et la démonstration de force peuvent rendre particulièrement populaire, comme l’a montré Maggie De Block. Théo Francken est en train de suivre le même chemin avec une habileté remarquable en saupoudrant une politique radicale de renvoi des demandeurs d’asile par des annonces d’un humanisme digne d’un CDH les jours de Carème : voyez, il va aider les mineurs arrivés seuls sur notre territoire en leur proposant un « plan de vie ». Quelle générosité ! C’est exactement l’objectif d’une directive européenne datant de… 2003 ! Ah tiens, non, zut, aucun journal n’a pensé à le signaler…

Ce genre d’annonce populiste qui ne change rien d’autre que l’image du ministre qui la fait, vous allez en entendre encore pendant cinq ans dans ce parti. Du moins si le gouvernement tient cinq ans. Car la N-VA s’est donné (et a reçu) toutes les chances d’être encore plus populaire en 2019. Et simultanément, elle coupe l’herbe sous le pied de son partenaire MR qui risque bien de devenir le troisième, voire le quatrième parti francophone — à moins d’un miracle économique. Car ce qui intéresse Bart, ce n’est pas de se retrouver au fédéral dans cinq ans, mais de ne pas trop affaiblir son « meilleur ennemi », le PS, voire de lui rendre de belles couleurs qui trahiront l’indécrottable propension du minable Francophone à voter pour des bolchéviques. Cela revient à laisser le MR s’embourber. Plus il s’enfonce, plus Bart avance vers l’indépendance.

Le refus de Magnette d’inviter Jan Jambon à l’inauguration du commissariat de Charleroi montre que la Wallonie se détache déjà, et sans complexes. 

L’on comprend dès lors que le MR, isolé, naïf, coincé, harcelé de toute part, perde les pédales au point de s’en prendre aux politologues : cela montre simplement qu’il n’a déjà plus rien en main, que tout lui glisse des paluches.

Les sept MR-cenaires.
Car ses ministres n’ont pas brillé — faute d’être les plus brillants du parti, absents pour la plupart. L’une n’est pas arrivée à donner un chiffre correct sur les économies demandées à la SNCB et en arrive déjà aux effets d’annonce bartiennes, comme le fait de punir financièrement le patron du chemin de fer pour chaque retard. On rirait bien à gorge déployée si ce n’était aussi pathétique. L’autre est arrivée avec des déclarations sur le nucléaire qui ont fait hurler de l’opposition au gouvernement. Didier Reynders semble bien être le seul des sept MR-cenaires (de la N-VA) à tirer son épingle du jeu. Un peu comme si, côté francophone, il n’y avait qu’un ministre digne de ce nom, qui regarde le jeu de quilles tout en ménageant sa propre réputation.

Le seul dossier qu’il ait touché s’est déjà transformé en or électoral : en deux jours, il a « sauvé » la culture bruxelloise, excusez du peu ! Le reste du temps, il fait un tourisme qui lui fait le plus grand bien, et soigne son image d’homme d’État. On n’a même plus envie de rappeler que Reynders est le César Borgia libéral tant son intelligence politique fait plaisir à voir. Il se promène, il sourit, il compte les points que Charles Michel lui met de côté, bien involontairement. Il a réussi un tour de force : entrer dans un gouvernement N-VA sans se brûler même le bout des ailes. Il sortira seul gagnant du maelström. Comme quoi l’opportunisme n’est pas une tare en politique, pourvu qu’on ait aussi le talent, et un minimum de clairvoyance.

Celle qui a manqué à Charles Michel quand il a vraiment cru que la N-VA allait tenir sa promesse de ne pas aborder le communautaire. Au contraire, depuis un mois, il est omniprésent. Ça tient à la nature de la Belgique. Déjà, il l’est dans tous les dossiers qui touchent à Bruxelles ou qui portent sur les différences financières entre peuple du Nord et peuple du Sud. Il est présent dans chaque suppression de ligne SNCB en Wallonie. Dans le dossier RER à Bruxelles. Dans les mesures sociales qui toucheront évidemment d’abord les régions les plus pauvres (suivez mon regard).

Con comme communautaire

Mais pire : la N-VA saisit toutes les occasions qui se présentent pour jouer son petit nationaliste. Ainsi, quand Jan Jambon, ministre de la Sécurité intérieure (la S.I., à ne pas confondre avec la S.A. — pardon, ça m’a échappé) félicite les policiers bruxellois sur Twitter pour leur résistance face aux dockers anversois (ah non, zut, c’est vrai, ils n’étaient même pas là… c’étaient des dockers carolos ou de Libramont…), il le fait exclusivement en néerlandais. Un comble pour la police d’une ville à 85 % francophone (au moins) ! Un comble aussi pour un vice-premier ministre ! Quand il annonce une enquête contre le bourgmestre PS bruxellois Yvan Mayeur, il le fait uniquement devant son public flamand, et uniquement en néerlandais à nouveau. Un comble, encore. Jambon va jusqu’à répondre exclusivement en néerlandais à une question parlementaire d’un-e député-e francophone. Qu’on se le dise : il est bien le ministre de l’Intérieur des Flamands exclusivement. De quoi faire enrager les Francophones. C’est le but.

Quand Johan Van Overtveldt décide, au Parlement, d’en finir avec les velléités de taxation des plus-values, il dit les trois premières phrases en français et, ce service minimum achevé, donne tout le reste de son speech en néerlandais. Et de tous ces ministres, vous n’en avez pas encore vu l’ombre d’un-e sur les chaînes francophones : ils refusent toutes les invitations. Une fois encore, les N-VA du gouvernement « Michel » (avec guillemets bien sûr) « nous » disent que nous ne sommes pas invités au grand bal de la citoyenneté. Ajoutez à cela que le parti de Charles Michel a hérité de portefeuilles soit problématiques, soit soumis aux portefeuilles de la N-VA : eh oui, on ne peut rien faire sans l’accord du ministre des Finances, mes petits amis bleus ! Et le ministère des Finances N-VA ne privilégiera jamais la Wallonie ou Bruxelles, ce serait carrément contre sa nature. Il a le pouvoir, et le rapide rétropédalage d’Hervé Jamar sur la taxation sur les plus-values l’a bien montré.

Voilà donc un cocktail explosif qui ne peut qu’envoyer les libéraux francophones dans une fuite en avant qui ne s’arrêtera que si des résultats concrets récompensent le « courage » du MR. On savait que ce serait hard, mais on ne s’attendait pas à ce que le premier ministre et son chargé de com dérapent aussi vite — le gouvernement n’a qu’un gros mois d’existence. Ni à ce que le ton monte aussi rapidement au sein même de la coalition bosnienne (rapport au drapeau bosnien, jaune et bleu, avec un V dedans). Car oui, Hendrik Vuye a été excessivement sec envers son partenaire CD&V.

On a dit que ce gouvernement était celui de la rupture ? Il faudra peu de choses pour que cette rupture ne se transforme en crash. On a cinq ans pour en mesurer les conséquences.

ANNEXE
Quelques mots sur l’index.
Concrètement, s’il n’y avait pas d’index en Belgique et que votre salaire n’avait pas augmenté depuis 2004, votre revenu réel serait aujourd’hui amputé d’un bon 20 % par rapport à cette année-là. Autrement dit, vous pourriez acheter un cinquième de moins que ce que vous achetiez à l’époque ! Si vous êtes au salaire minimal de l’époque, vous ne seriez franchement pas loin du seuil de pauvreté aujourd’hui…

Mais que se passe-t-il dans les pays où il n’y a pas d’index ? Eh bien, la concertation sociale les relève progressivement, mais sans automatisme. Et parfois nettement plus qu’en Belgique. Ainsi, de 2005 à 2013, le salaire moyen (qui n’est qu’une indication imparfaite) a augmenté de 25,6 % chez nous. En France, il a grimpé de 36,3 % sur la même période. En Finlande, de 32,6 %. Plus raisonnables, les Autrichiens et les Allemands ont vu leur salaire moyen croître de 23 %, les Néerlandais, de 22,3 %. Les Anglais ont progressé d’un maigre 18 % (en livres) tandis qu’en Suède, il grimpait de… 41 % (en couronnes) ! Et que voit-on dans le PIB/habitants (en euros) ? Eh bien, qu’il n’y a aucune corrélation particulière entre croissance du PIB par habitant et croissance des salaires ! Hormis peut-être pour le Royaume-Uni qui reste dans le bas du tableau.

En 2012, la Banque Nationale notait : « Entre 1996 et 2011, les salaires nominaux en Belgique ont augmenté à un rythme un peu moins rapide que ceux de la France, et considérablement moins qu’aux Pays-Bas. Par contre, en Allemagne ils sont restés contenus, surtout depuis 2002 par une politique de modération salariale […]. Vue sur l’ensemble de la période, la présence en Belgique d’un système d’indexation formel n’a donc pas nécessairement causé une augmentation des salaires nominaux plus élevée par rapport aux pays qui l’entourent. La BNB en conclut que le système de l’index automatique n’est donc pas nécessaire. C’est vrai, mais c’est tout de même une garantie appréciable.

Quant au taux de chômage, on retrouve effectivement plusieurs des pays où les salaires ont le moins crû dans le bas du tableau. Mais avec des nuances : s’il a considérablement baissé en Allemagne (mais au prix de minijobs et d’une inégalité croissante), il n’a pratiquement pas bougé en Autriche, où il était historiquement bas. Et aux Pays-Bas, il a retrouvé une pente descendante après avoir tout de même fait une inquiétante grimpette, et là non plus, la corrélation avec la hausse des salaires n’est pas claire du tout. Autrement dit, la croissance des salaires n’est pas un facteur qui peut déterminer à lui seul la croissance du PIB, ni le taux de chômage. Quant aux inégalités, elles ont donc crû en Allemagne (l’indice de GINI y a pris trois points, de 0,26 à 0,29…), tandis que les meilleurs élèves du peloton restaient l’Autriche, la Finlande, la Belgique, les Pays-Bas et… la Suède !

Sur le plan de la compétitivité, en réduisant les “cotisations patronales”, le gouvernement devrait permettre de la retrouver, mais hélas sans lâcher la pression sur le salaire net. Car les salaires belges nets restent toujours très bas par rapport à tout le Nord de l’Europe. C’est la pression fiscale sur ceux-ci qui nous rendent si chers à l’étranger. Même en Allemagne, le soi-disant exemple de Bart De Wever (en fait, c’est plutôt le Royaume-Uni de Cameron, voire de Thatcher), il y a un impôt sur les plus-values.

L'index n'agira que lorsqu'on atteindra l'indice 101,02. Entre-temps la vie reste plus chère que le salaire à 100 et ça peut durer des années. La perte de revenu réel est donc limitée, mais constante, à vue de pif, de 0,5% en moyenne. Source : services de la Fonction publique.

L’index n’agira que lorsqu’on atteindra l’indice 101,02. Entre-temps la vie reste plus chère que le salaire à 100 et ça peut durer des années. La perte de revenu réel est donc limitée, mais constante, à vue de pif, de 0,5% en moyenne. Source : services de la Fonction publique.

Enfin, le plus caustique : si l’économie continue à stagner comme elle le fait aujourd’hui, il n’y aura de toute façon pas d’index (ni de saut d’index) avant fin 2015, voire fin 2016.  Si la décroissance s’accélère, il pourrait même ne pas intervenir avant… 2019. D’ici là, on aura eu le temps de penser à l’infini !



Catégories :Élections 2014, Belgique

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97 réponses

  1. Comme je le disais, le PS dans l’opposition c’est comme le Standard qui remporte la jupiler league. Cela arrive tous les 25 ans et il va falloir attendre au moins 25 ans pour que cela arrive de nouveau….

    Le MR joue avec le feu. Charles Michel en tentant de sauver sa tête n’a fait qu’éloigner la guillotine pour 5 ans.

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  2. Je ne serai pas étonné que parmi les politologues visés par Charles Michel se trouve aussi Jean Faniel qui interviewé dans Le Vif disait du gouvernement qu’il était : « néolibéral et conservateur ».
    http://www.levif.be/actualite/belgique/michel-ier-a-un-programme-neoliberal-et-conservateur/article-normal-350499.html

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  3. Monsieur Sel,

    nous attendons tous, encore et toujours, les détails de votre plan pour former un gouvernement SANS le PS et SANS la NVA, ou avec la NVA mais alors, avec une NVA sous contrôle.

    « Don’t hold your breath », comme on dit vulgairement en anglais ?

    Bien à vous et tout ce genre de choses….

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    • Bonjour Monsieur Roger,

      Je ne connais pas le plan de Monsieur Sel, mais il y a un plan très simple: reconduire la tripartite sortante.

      Celle-ci est plus que légitime puisque, ensemble, les partis qui formaient le gouvernement Di Rupo ont gagné des sièges. Un gouvernement sortant qui gagne des sièges: c’est quasi un plébiscite.

      Vous me direz, le souci c’est que le CD&V a dit dès le lendemain des élections qu’il fallait faire un gouvernement avec la NVA. C’est vrai. Tout comme il y a cinq ans, d’ailleurs. Mais le PS ET le MR avaient fini par convaincre le CD&V de lâcher la NVA.

      Vous me direz que la NVA c’est 30% des électeurs flamands. C’est vrai. Mais le PS, c’est 30% des électeurs francophones. Par ailleurs, les 500 jours « sans » gouvernement ont été très bénéfiques à la Belgique : on y a négocié la plus ambitieuse réforme de l’état, on s’est enfin séparé de cette saloperie de BHV et surtout on n’y a pas appliqué les mesures d’austérité imposées par l’Europe faute de gouvernement nouveau.

      Le gouvernement Di Rupo avait un programme de centre-droit (dixit in ilo tempore Reynders himself) qui visait à consolider le pays. Le gouvernement Michel a un programme conservateur et néolibéral (dixit les politologues que Michel n’aime pas, mais qui sont quand même des gens qui s’y connaissent un peu…) dont l’objectif est évidemment la destruction de l’Etat national au profit exclusif des Flamands.

      On peut raconter tout ce qu’on veut, mais force est de constater que ni le MR, ni le palais royal (dont on s’étonne toujours qu’il n’ait pas, comme le veut la coutume, confié un rôle au Président du premier parti francophone) n’ont fait beaucoup d’effort pour trouver une solution d’un gouvernement sans la NVA. C’est parce que le MR et le CD&V avaient fait le choix de la NVA dès le lendemain dès élections que le PS (qui n’est pas naïf, non plus, hein) n’a pas attendu pour former des majorités aux régions. C’est pas l’inverse.

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      • Reconduire la majorité sortante, c’est ce que j’ai préconisé en mai. Je me suis trompé, mais j’ai eu raison sur au moins un point : la formation du gouvernement se ferait vite. Ce fut le cas, mais pas pour les raisons auxquelles je pensais. J’avais prévu la crise de 2010, je me suis trompé sur la non-crise de 2014. On ne peut pas gagner à chaque coup 🙂

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      • je souscris à tous ce que vous dites sauf :
        « on s’est enfin séparé de cette saloperie de BHV »
        j’ai mon avis que j’ai longuement détaillé sur sur ce blog, on a juste tout laissé en l’état… sauf pour l’arrondissement judiciaire qui reconnaît même qu’il y a des FR là où un vrai flamand – néo-allié donc – dirait in « ‘hv » men spreekt NL en in « b' » men spreekt twee talen
        je ne me souviens pas que la n-va a voté le splitsing proposé ni la nébuleuse zone métropolitaine qui allait avec…

        pas sûr perso qu’on est « séparé de cette saloperie de BHV » ni qu’il y ait là « saloperie » en dehors des très communs comportements flamingants

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      • « dixit les politologues »

        Le bolchévisme est toujours scientifique. Est-ce pour cela qu’il fait mal ?

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      • « l’objectif est évidemment la destruction de l’Etat national au profit exclusif des Flamands »

        « Alors, cela, c’est fait. » Elio Di Rupo, après avoir conclu la sixième réforme de l’Etat.

        « le PS (qui n’est pas naïf, non plus, hein) »

        Il est quand même plus pourri que sagace, si on se réfère au résultat de sa politique en Wallonie, et on a de quoi ettayer cette observation.

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    • Cela risque de couter cher en tournées dans l’attente de la solution miracle…vous reprenez un blanc sec en attendant?
      Personnellement j’attends aussi avec grande impatience une petite chronique au picrate sur la politique budgétaire du nouveau wonder boy wallon à Charleroi et à la tête du gouvernement Wallon, histoire d’avoir l’illusion que pendant que certains jouent au paniekvoetbal d’autre ne soit pas en train partialement de « op de man te spelen ».

      Santé

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      • Mr Léo, Mr Sel, Mr Uit ‘t zuiltje et Mr Willy,

        vous changez les paramètres de la question, que voici:

        Le 12 octobre, Mr Sel écrivait « le renvoi des socialistes dans l’opposition était indispensable après 27 ans de présence dans les gouvernements belges successifs ». Je posai donc à Mr Sel, en date du 4 novembre, la question de savoir s’il maintenait que le renvoi des socialistes dans l’opposition est, à ses yeux, indispensable. Le même jour (4 novembre), Mr Sel écrivait « je pense toujours que le retour du PS dans l’opposition était souhaitable ».

        Donc, sauf erreur, l’opinion de Mr Sel était, en tous cas le 4 novembre, qu’il nous faut un gouvernement SANS le PS. Ma seule question, mais elle me taraude, c’est comment faire un gouvernement SANS le PS, et, soit SANS la NVA, ou avec la NVA, mais celle-ci plus ou moins sous contrôle. C’est à cette question que j’attends une réponse, ou à tout le moins des éclaircissements.

        Personnellement, je ne crois pas qu’il y ait une réponse satisfaisante à cette question – il est mathématiquement impossible, ou à tout le moins particulièrement difficile, de constituer un gouvernement sans le PS et / ou sans la NVA.

        Dès lors, ma recommendation à tous – pensez à vos ulcères, et cessez de vous énerver sur une situation à laquelle (1) VOUS ne pouvez rien changer et (2) lorsqu’elle changera, tournera probablement au vinaigre. Je préfèrerais, pour ma part, nous voir réfléchir sur l’avenir (confédéralisme à 4 ? circonscription fédérale ?) que continuer à me faire du mal en pensant au présent.

        Ceci étant, Mr Sel semble avoir à nouveau changé d’avis puisqu’il écrit ce 19 novembre « Reconduire la majorité sortante, c’est ce que j’ai préconisé en mai » (pour écrire le contraire le 12 octobre, et confirmer le 4 novembre, mais bon, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, même si passer d’une opinion à son contraire et puis retour à la case départ, ça n’éclaircit pas le débat). Dans ce cas, mon conseil à Mr Sel reste le même – pensez à vos ulcères et arrêtez de vous faire du mal, vous êtes à la fois trop jeune pour en faire une maladie et pas assez vieux pour qu’on vous cède la place assise dans le bus.

        Tous nos vagissements, beuglements, apitoiements et autres calembredaines ne s’élèvent guère au dessus du niveau des conversations de café, lesquelles, je m’empresse de le dire, peuvent être très divertissantes, mais hélas souvent sans lendemain. Ceci étant, je vous concède volontiers que la com’ du Premier Ministre et de ses acolytes libéraux francophones est déplorable, mais ce n’est que de la com’.

        Bien le bonsoir.

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        • En effet, le renvoi du PS était indispensable mais le paysage politique ne le permettait pas. C’est aussi simple que ça.

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        • @Roger, ton pouilly fumé stp

          perso j’ai pas d’avis pour ou contre le ps (c’est du paysage wallon pas le mien) je trouve en général qu’on s’excite pas mal contre lui alors qu’il est le gardien jaloux de l’héritage wallon.

          perso mon avis « ne s’[élève] guère au dessus du niveau des conversations de café »

          I’m not holding my breath

          mettre la n-va sous contrôle me paraît vraiment une connerie absolue (un peu comme nier le ps en wallonie, et en particulier en walbanie)
          envisager qu’est-ce qu’on fait sans ou avec n-va ou ps doit considérer
          pourquoi n-va & ps c’est pas sexy contre nature etc…
          mrde alors dans un monde transgenre ça devrait être possible
          -NOOOON (plus jamais le national-socialisme)

          perso en bon FR je suis sûr que le seul problème de ce pays est NL ,
          le vrai (de vrai) problème c’est qu’en fait, j’ai vraiment raison (quant à expliquer ça à un NL)

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  4. Connaissez-vous le programme de Joris Van Severen?
    Très intéressant pour comprender le temps en Flandres…

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    • Il est important que le Sud et le Nord continuent à explorer les idees.
      Au Nord les gens doivent entendre tous les jours qu’ ils sont volés.
      Les Francophones ce sont à majorité des voleurs, surtout quand ils sont de gauche.
      Ca c’ est la vérité imaginaire construite dans les esprits.

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    • perso je ne connais que jaurès van zievereer…
      Très intéressant pour comprender le FR…..

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  5. Les gouvernements qui ont eu l’audace de réformer ont rarement été désavoués par leurs électeurs. Evidemment, il est plus prudent de reporter éternellement les réformes au lendemain à la manière des sociaux-démocrates style Hollande ou Di Rupo. On voit également où en sont aujourd’hui les pays qui ont eu le courage de prendre des mesures impopulaires comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, l’Allemagne… Ils sortent progressivement de la crise alors que d’autres s’y enfoncent.

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  6. Mais alors, qu’on m’explique une fois pour toutes ce qui fait si peur aux francophones dans l’idée du confédéralisme ou de l’indépendance qui permettrait une fois pour toutes de se débarrasser à la fois de la NVA et du MR (ce dernier n’étant pas prêt de trouver des partenaires de majorité en Wallonie)? À moins que… les flamands aient raison : on a besoin de leur argent parce qu’on n’arrive pas à équilibrer le budget sans eux ?

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  7. Le MR crier? Je ne les ai pas entendus crier pourtant. Les seuls qui crient ce sont Hystérinx et le PS.

    Quant au sort de Michel, ne prenez pas encore vos rêves pour réalité. On verra dans 5 ans. J’espère pour votre égo que le pays ne se portera pas mieux.

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  8. « L’une n’est pas arrivée à donner un chiffre correct sur les économies demandées à la SNCB et en arrive déjà aux effets d’annonce bartiennes, comme le fait de punir financièrement le patron du chemin de fer pour chaque retard. On rirait bien à gorge déployée si ce n’était aussi pathétique. »

    Si seulement sa façon de faire étalage de sa bêtise crasse au niveau national pouvait lui faire perdre les prochaines élections communales !
    Futile espoir… Trop de gens se sentent très bien représenté par cette égérie de foire aux bestiaux.

    A part cela, mon cher Marcel, le MR vous a t’il déjà mis dans sa liste de « on tire virtuellement à vue » ?

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    • Entre être représenté par une égérie de foire aux bestiaux et être représenté par des « papas » alcooliques ou des maieurs qui piquent dans la caisse le choix est en effet quelque peu compliqué dans certaines contrées wallonnes :-(. Perso à choisir je prends l’égérie, car à la foire aux bestiaux on croise au moins des paysans qui travaillent dur et qui savent compter, et je laisse les ministres alcolos à Liège et les maieurs et échevins magouilleurs à Charleroi et les bruillants représentants de la gauche caviar à Lasne. 😉

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  9. « Bart lâche du lest quand il le veut bien, mais prévient que le ballon peut aussi remonter si on ne respecte pas la doxa minimale qu’il maintient. »

    Quand on lâche du lest, on remonte, en règle générale.

    Le revenu, lorsqu’on ne spécifie pas, est le revenu nominal.

    Donc, pas de paniekfootball.

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  10. Bah, l’index est négatif et les salaires diminuent déjà.

    Laissons Charles continuer à n’être personne et à suivre Bart.
    Vers l’infini et au-delà: la postérité s’en souviendra!!

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  11. -dur avec le syndrôme de stockholm du fils michel
    -radio mille câlines avec dj reynders
    -compatissier avec le pauvre père ducarme mort une seconde fois ce w-e à la télé
    -injuste avec l’iev où le scientifique excerce autant sinon plus des sciences sociales que du mr-cenariat ps
    -montrer le flamand tel qu’il est en espérant qu’il finira dans un logique dégoût ontologique de lui-même
    -delwit ne cassant pas que ses étudiants aux exams…

    @Marcel :

    -merci!

    ps(wallon): pas d’hara-kiri pour le kamikaze… juste possible un pet des dieux sur le porte-avion sous-marin de l’imam obscur dont le jambon ne parle qu’aux frères dockers racistes dans leur langue

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  12. « Qu’on se le dise : il est bien le ministre de l’Intérieur des Flamands exclusivement. »

    Il a dit exactement le contraire : il sera le ministre de l’Intérieur de TOUS les belges.

    Surtout les antifa et les petits-fils de résistants.

    Qu’ils se le tiennent pour dit !

    Il partira avec sa clé USB.

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  13. Il semble que Charles Michel soit le schpountz. Doit-on espérer qu’il arrive vite à Paris ou pas ??

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    • ce n’est pas le schpountz car dans le film, il finit par quand même réussir!

      Charles Michel, c’est seulement le faire-valoir de Bartounet: càd un personnage secondaire destiné à faire les gaffes. Le faire-valoir est souvent une charge (nécessaire) pour le héros…

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    • le schpounz a au moins une existence plus personnelle qu’un figurant qui en plus s’exprime très bien dans la langue du maître autopro clamé et ac clamé par la part connement nationaliste des flamands…

      eviv trab le schtroumpf qui schtroumpfe le schtroumpf

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  14. Monsieur Sel, gaat u dit vijf jaar volhouden ? Wordt een beetje saai !

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  15. De plus en plus de Flamands dans la rue croient que le futur sera mieux si l’ argent des « geldstromen » ne coule plus direction la Wallonië. On les fait croire que les « geldstromen » sont une vérité hors discussion et que l’ argent des « geldstromen » sera investi pour son propre bonheur. C’ est un peu comme L’ Allemagne dans les années trente. Les esprits sont « malades »?

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  16. Le gens se contentent de tellement peu d’information avant de brandir les fourches !

    Même cet article-ci est totalement incomplet :
    le salaire brut moyen des Belges au travail ne serait pas de 3.258 €, mais bien de… 2.238 €. Et votre pouvoir d’achat (ou votre revenu réel) ne vaudrait plus que les 2/3 de ce qu’il valait à l’époque — pas si lointaine ! Conclusion : l’index n’augmente pas le revenu et Charles Michel a joué d’un effet de pure rhétorique, digne de la 2e secondaire, et je suis encore gentil.

    Vous croyez réellement que le coût de la vie aurait tellement augmenté sans indexation ? Le coût de la vie est directement dépendant du coût des services achetés ou du coût de production des produits finis, dans les deux cas c’est dépendant du coût salariale .. donc s’il y a indexation il y a augmentation du coût de la vie, s’il n’y a pas d’indexation le coût de la vie augmente certes mais nettement moins.

    Enfin pour remettre en place la propagande du PS :
    http://www.injuste.be/#!sautindex/c1wk9

    D’après eux on va perdre 400€ de pouvoir d’achat or le pouvoir d’achat se compte NET et non BRUT, d’après leurs tableau il faut déjà gagner 3.100€ pour « perdre » 400€ BRUT, donc pour « perdre » 400€ NET il faudrait gagner pas loin de 6.200€ (BRUT). Mais comme je l’ai dis avec un saut d’index les salaire n’augmentent pas mais le coût de la vie augmente également beaucoup moins qu’avec un saut d’index. Donc notre salaire n’augmentera pas de 400€ mais le coût de la vie n’augmentera pas exemple que de 200€ ! En réalité pour effectivement perdre plus de 400€ par AN de pouvoir d’achat il faudrait gagner plus de 10.000€ par mois. Je crois que le PS se fout à peine de la gueule du peuple (ou bien nous prouve son incompétence une fois de plus).

    Concernant le point sur l’indexation censée représenter la perte de pouvoir d’achat les années d’avant, je trouve cette présentation quelques peu malhonnête, car si l’index est bien calculée sur l’augmentation du coût de la vie de l’année passée (puisqu’on ne connait pas encore celle à venir) il sert bien à maintenir le pouvoir d’achat pour l’année en cours (à venir) et non à rééquilibrer quelque chose de déjà perdu .. cette vision laisse entendre qu’on perd chaque année de l’argent … le saut d’index de cette année ne sert à pas récupérer des dépenses de l’année passée hein !!

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  17. « Il est parvenu à transformer la présidence de son parti en présidence de facto du pays, un peu à la façon soviétique »

    Il y a encore un meilleur exemple, beaucoup plus flagrant : on parle de la main-mise de l’appareil socialiste sur la Wallonie ? Des nominations des top-fonctionaires en Wallonie ? De la ligne éditoriale du Soir et de la RTBF, à côté de laquelle, en comparaison, l’agence de presse de la Corée du Nord fait figure de média pluraliste ? Du clientèlisme-roi ? Des permanences de Don Di Rupo ?

    Ah, mais non. Omerta à gauche.

    O-MER-TA.

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  18. Monsieur Sel, tout le monde sait que Pascal Delwit a ses entrées au PS et il ne s’en cache même pas. Pour preuve, il a comme par hasard sorti son livre sur le PTB (qui décrédibilise le PTB) juste avant les élections, histoire de donner un petit coup de pouce au PS. Alors arretez de nier l’évidence. Et sur le fond, oui il faut faire des économies après 25 ans de gestion catasterophique et irresponsable du PS. A moins que vous pensiez que l’on peut continuer à s’endetter sans fin… auquel cas on finit comme la Grèce, et là ce n’est plus de l’austérité mais on divise toutes les allocations par 2 et on les supprime dans certains cas. Alors après 25 ans du cancer PS, la peste ne saurait être pire. Et pour le reste, le MR a certes pris un gros risque mais sur le long terme, il peut en sortir vainqueur. Enfin, ce sont des propos comme les votres et comme ceux du PS qui amènent le confédéralisme. Dès lors, on verra si cela ira mieux quand le baxter flamand aura terminé de financer la Wallonie (pour preuve les mesures d’austérité en Région wallonne, qui touchent directement le pouvoir d’achat et dont curieusement vous ne parlez jamais). La conclusion est que vous comme P. Delwit avez un camp et manquez d’objectivité. (NB: Je n’ai pas voté MR).

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    • Monsieur Sel, tout le monde sait que Pascal Delwit a ses entrées au PS et il ne s’en cache même pas.
      Tout comme j’ai mes entrées au PS, au MR, au PTB, au PP, et même à la N-VA.
      Pour preuve, il a comme par hasard sorti son livre sur le PTB (qui décrédibilise le PTB) juste avant les élections, histoire de donner un petit coup de pouce au PS.
      Avec des preuves pareilles, vous pouvez condamner n’importe quel innocent avant même qu’il ne naisse 🙂
      Et sur le fond, oui il faut faire des économies après 25 ans de gestion catasterophique et irresponsable du PS.
      Si c’était vraiment une responsabilité du PS, que faisaient les autres partis dans ces gouvernements, notamment le MR ? Pour rappel, l’endettement est aussi dû aux autres partis et notamment au CD&V (qui a ensuite aussi travaillé à le réduire, sous De Haene/Maystadt) et il a été trop peu « travaillé » sous Verhofstadt, à une époque où qui était ministre des finances ? Eh bien, Reynders !
      A moins que vous pensiez que l’on peut continuer à s’endetter sans fin…
      Théoriquement, si la croissance dépasse le taux d’intérêt, on peut en effet s’endetter sans fin. Cela dit, je ne suis pas pour le fait de dilapider mais ce que la Grèce nous a appris (et Paul Krugmann), c’est qu’économiser en période de stagnation aggrave la situation en provoquant, soit la stagnation du PIB soit la décroissance. Il faut réduire la dette quand l’économie croît. Verhofstadt l’a trop peu fait. N’oubliez pas que l’Etat est le premier client, et le premier employeur du pays. Tout ce qu’on réduit sur ses dépenses a une influence négative sur la croissance.
      Enfin, ce sont des propos comme les votres et comme ceux du PS qui amènent le confédéralisme.
      S’il y a bien une chose que je trouve détestable, c’est le refus de reconnaître ses responsabilités. C’est exactement ce que fait la N-VA quand elle accuse les autres d’être séparatiste ou confédéraliste. Ceux qui amènent la séparation sont ceux qui ont conçu leur idéologie dessus, et ceux qui décident de s’associer avec ces derniers.
      Dès lors, on verra si cela ira mieux quand le baxter flamand aura terminé de financer la Wallonie (pour preuve les mesures d’austérité en Région wallonne, qui touchent directement le pouvoir d’achat et dont curieusement vous ne parlez jamais).
      Je m’intéresse principalement à la politique fédéral, n’étant pas wallon. Je n’ai pas non plus parlé des mesures d’économe flamandes…
      La conclusion est que vous comme P. Delwit avez un camp et manquez d’objectivité. (NB: Je n’ai pas voté MR).
      L’objectivité n’existe pas. Il y a des points de vue. Personne ne peut prétendre être neutre en matière politique. Mais la politologie requiert un rigueur qui interdit la partisanerie et rien ne démontre que Delwit serait partisan. Marrant : avant son livre sur le PTB, on le situait à l’extrême gauche. Personnellement, j’ai un point de vue parfaitement indépendant de tout parti, PS au moins autant que les autres.

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      • excellent!

        j’avais envie de vous demander:
        pas d’avis sur l’exercice militaire d’évacualtion avec de vraies armes (balles à blanc evdt) à Bierset fait avec des enfants ? Je dis ça comme ça, ce que j’ai vu au JT ce soir… Pas moyen de remplacer les enfants par des volontaires adultes simulant ces enfants?

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        • « Pas moyen de remplacer les enfants par des volontaires adultes simulant ces enfants ? »

          Surtout que si les petits garçons s’amusent plus que les petites filles, cela va faire mauvais genre.

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      • Chez votre dernière phrase vous avez oublié le 🙂

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    • « ce que la Grèce nous a appris »

      Depuis le 19e siècle, la Grèce est le seul pays d’Europe à avoir fait défaut un si grand nombre de fois (trois ou quatre fois, si je me rappelle bien). Le scandale des finances publiques grecques a conduit à la mise sous tutelle politique et économique de la Grèce par des puissances européennes, le FMI, plusieurs fois au cours de son histoire récente.

      Voilà la véritable leçon, répétée au cours de l’histoire.

      Si les grecs semblent incapables de s’amender et de se responsabiliser, nous restons responsables de notre façon de nous comporter face à l’adversité.

      Plutôt que de prendre des leçons d’économie de la Grèce, nous devrions tirer les leçons de cette énième crise grecque : la Grèce est un pays irresponsable et peu fiable, qui triche constamment. Ceci n’améliore pas sa réputation, et par voie de conséquence, sa situation économique.

      « économiser en période de stagnation aggrave la situation en provoquant, soit la stagnation du PIB soit la décroissance »

      C’est un sophisme monstrueux. La meilleure définition d’une fuite en avant.

      Mais cela résume bien la politique économique grecque, et son éthique politique, tout court : irresponsabilité et irrationalité.

      Méditions plutôt cette phrase amère de Mario Vargas Llosa : « Il n’y a pas de limites au sous-développement. »

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    • « N’oubliez pas que l’Etat est le premier client, et le premier employeur du pays. »

      Comment pourrions-nous l’oublier, alors que nous sommes le peuple le plus écrasé d’impôts de la planète ?

      Je ne crois pas, comme vous le croyez, que la consommation (pour la consommation) puisse relancer l’économie de notre pays.

      Mais alors, si vous croyez cela, diminuer les impôts et la dépense publique semblent être des pistes à explorer.

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      • Pfff, la consommation privée, c’est 53% du PIB. Le reste est principalement des commandes publiques. Autrement dit, je ne vois franchement pas comment relancer l’économie en réduisant et l’une, et l’autre ! En fait, ça ne peut que l’écraser. La décroissance après les premières (lourdes) mesures d’austérité du gouvernement précédent devrait être un signal suffisant, je pense. Krugman avait probablement raison : il faut laisser gonfler un peu (UN PEU SEULEMENT) la dette et autoriser un peu d’inflation. À plus long terme, favoriser largement l’investissement et la recherche, à financer avec des deniers publics notamment, mais ça aussi, les gouvernements wallon et belge font tout contre. Bref, zéro pointé pour les politiques en général.

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        • « il faut laisser gonfler un peu (UN PEU SEULEMENT) la dette et autoriser un peu d’inflation »

          « Long term is now. » Hayek

          « In the long term, everybody is dead. » G.W. Bush

          « Les choses dureront bien aussi longtemps que moi. » Louis Di Rupo XV

          « Encore un instant, Monsieur le bourreau. » Jeanne Du Barry

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        • Y = C + I + G est bidon. Avec X-M, on voit déjà que le C belge ne fait que renforcer le M, et donc aggraver la détérioration du Y. Le multiplicateur keynésien relève de la pensée magique, grossièrement habillé de mathématique. C’est du fétichisme pur.

          Il faut investir à BON ESCIENT.

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        • « il faut laisser gonfler un peu (UN PEU SEULEMENT) la dette »

          Ce que l’éternelle crise budgétaire belge nous apprend, c’est que ce sont TOUJOURS les travailleurs qui doivent la rembourser : dette, accroissement de la dette, intérêts. TOUJOURS.

          Et je ne crois pas que ni vous, ni personne, n’ait le pouvoir de changer cet état de fait, pas plus que de mettre à bas le capitalisme mondialisé (d’ailleurs, pour le remplacer par quoi ?) Il faut quand même faire attention à ce qu’on souhaite, cela pourrait finir par se réaliser.

          Mais apprendrons-nous jamais ?

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        • aît, pas n’aît – double négation

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        • Une économie n’est pas l’autre, et dans le cas de la Belgique, une petite économie ouverte, ce qui fait la richesse nationale, ce sont les exportations.

          C’est là que le décrochage de la Wallonie est le plus patent, le plus dramatique. C’est pour cela que nous sommes considérés comme inutiles, à charge, par les flamands.

          Pour se cacher la réalité de notre situation, on fait toujours semblant de croire, en Wallonie au keynésianisme, comme si on pouvait soigner le cancer par la saignée.

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        • « Et je ne crois pas que ni vous, ni personne, n’ait le pouvoir  »

          Pfff-uit : triple négation. « Et je ne crois pas que vous, ni personne d’autre, ait le pouvoir »

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    • « la politologie requiert un rigueur »

      Et la proctologie des drosophiles, une attention de tous les instants.

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  19. Manifestement, c’est vous qui confondez revenu et pouvoir d’achat. Je ne vois pas en quoi dire que l’indexation automatique du salaire (pour rappel, nous sommes les seuls qui l’ayons, même Hollande ignore ce que c’est. D’ailleurs comment font-ils aux Pays-Bas, en Allemagne, en Italie ou en Finlande ? ) est une augmentation de revenu serait une erreur. Le revenu, en bon français n’est pas le pouvoir d’achat, mais bien la somme d’argent que l’on reçoit en poche chaque mois. Rappellons aussi que si l’on baisse les impôts (avec effet direct via le précompte professionnel) ce revenu mensuel poche augmente et donc compenser la non-indexation du salaire. Alors, oui, on peut ergoter sur la communication amateure de pas mal de ministres, mais jusqu’à preuve du contraire, on juge un gouvernement sur ses actes et non sur celle-ci (demandez donc à Hollande – encore lui – ce qu’il en pense) . Que vous n’aimiez pas la nva, on peut le comprendre et le partager, mais de là à flinguer tout projet du gouvernement. Qu’on le veuille ou pas, la situation économique imposait une mise à l’écart des socialistes. Lutgen avait le pouvoir d’en faire autant en région wallonne. Non seulement, nous voyons maintenant bien que l’austérité n’y est pas moindre mais là, en plus il n’y a aucune vision, aucune perspertive de relance et aucune mesure nouvelle pour doper l’emploi. Car le problème majeur de la Belgique et de ses habitants, monsieur Sel, ce n’est pas le pouvoir d’achat, comme ce post pourrait le laisser penser, mais bien le sous-emploi !

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    • On parle ici de revenu dans le cadre de l’inflation, puisqu’on parle d’index. Dans ce cas, il s’agit forcément du revenu réél, un concept économique, et non du revenu nominal, qui n’a aucun sens dès lors que l’on aborde un sujet (l’index) qui concerne le revenu réel et non le revenu nominal. C’est tout.
      Le MR peut parfaitement montrer qu’il est plus mûr et didactique que le PS en reconnaissant ce que tout le monde a compris, c’est qu’un saut d’index réduit le revenu réel et en insistant, non pas sur le fait que cette mesure est indolore (les gens verront bien que ce n’est pas le cas) mais sur le fait que l’on doit assainir les finances publiques. Cela étant, je doute du gain dès lors que l’impôt régressera (par rapport à ce qu’il serait après une hausse d’index).

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      • Je suis désolé, mais les mots ont un sens. Quand on parle de revenu, on parle bien d’une somme d’argent et non de pouvoir d’achat. Donc la non-indexation est bien une non-augmentation de revenu mais pas une non-augmentation de pouvoir d’achat. Et venir par après dire, qu’en fait, il aurait du parler de revenu « réel » et qu’il s’abstenait coupablement d’évoquer le revenu « nominal » n’y change rien.
        Si j’en croit votre analyse sur la future (non-)indexation de nos salaires, il est probable que celle-ci n’intervienne pas en 2015 faute d’inflation. Or 450 millions sont au budget fédéral 2015 pour réduire la pression fiscale via les frais professionnels. Dès lors, contrairement à ce que les politologues « engagés » et autres « observateurs » annoncent le revenu et pouvoir d’achat vont donc bien croitre en 2015. Et si cela se répercute dans le précompte professionnel, tout le monde pourra le constater facilement.
        Pour rappel, la non-indexation des salaires est une mesure visant la compétitivité des entreprises et non une mesure strictement budgétaire d’économie (car vous le dites vous-même, qui dit non-indexation dit non augmentation des impôts) sauf qu’il y aura quand même au moins un gagnant dans les pouvoirs publics : la Fédération Wallonie-Bruxelles dont la charge salariale avoisine les 90 % de son budget.
        On n ‘a entendu ni un merci envers le fédéral pour cette aide inespérée ni au contraire une mesure compensatoire pour cette soit-disant « abomination anti-sociale ». Quel silence assoursissant qu’il me tarde de vous entendre (lire en fait 😉 ) commenter !
        Ceci dit, merci donc pour ce blog.

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        • Didier, si vous aviez regardé Les Experts (télé Bruxelles, visible en ligne) de samedi passé, vous auriez vu que j’ai posé la question de l’avantage pour la Région bruxelloise d’un saut d’index à Fabian Maingain. Cela dit, pour remercier, il faudrait que la mesure soit vraiment optimale pour les finances publiques et privées et ce n’est apparemment pas le cas. Par ailleurs, pour le terme revenu, je ne vais pas recommencer ma démonstration, vous n’avez apparemment pas la patience ni l’ouverture d’esprit de la lire à fond :-).
          Cela dit, merci pour vos commentaires et votre participation !

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  20. Au fait Marcel, vous qui êtes susceptible sur l’emploi des langues de nos ministres, est-ce que Joëlle Milquet et Laurette Onkelinx répondaient aux interpellations en néerlandais? Et en quelle langue tenaient-elles leurs conférences de presse? C’est peut-être de la distraction de ma part mais je n’ai jamais entendu Onkelinx prononcer un seul mot de moedertaal!

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  21. Must Read ! Le grand retour de Luc Delfosse…
    Bart ou le vol du coucou
    http://www.levif.be/actualite/belgique/bart-ou-le-vol-du-coucou/article-opinion-351191.html
    Comme c’est limpide et … inexorable? Après cette lecture aucun politique ne pourra dire qu’il ignorait le processus.

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  22. Quand mon fils était en secondaire, il avait fait un exposé sur le football
    il a avait comparé notre société avec ce sport
    Il a eu un 3 sur vingt.

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  23. Contre, contre, contre, … . Donnez nous plutôt une alternative ou une place pour un échange d’idées positives.

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  24. Est-ce que la coalition « anders en beter » est le meilleur moyen pour répolitiser les masses? Sans faire un effort à gauche?

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  25. ET si les partis francophones s’unissaient afin de soutenir Le MR en dehors des médias.
    C est foufou comme dirait mon petit fils de 3 ans.
    Le club des optimistes diraient qu il faut Faire preuve de courage et d’humilité pour pardonner.
    Ce serait un beau cadeau pour noël.

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  26. « le somptueux bonus du patron d’Omega Pharma (annoncé dans la presse à 1,45 milliard d’euros, totalement exonéré d’impôts…) »

    Il ne s’agit pas d’un bonus, mais d’une plus-value.

    À force de critiquer n’importe quoi, de sonner le tocsin pour n’importe quoi, on obtient l’effet inverse à celui recherché : une grande indifférence et une apathie en cas de dérive véritable.

    Qui ne manquera pourtant pas d’arriver, connaissant les olibrius de la NVa.

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  27. Est-ce qu’ il est possible d’ avoir une discussion rationelle et au fond concernant le dada et l’ obsession du nva « les geldstromen ». L’ argent est le Dieu de la nouvelle bourgeoisie Flamande. Choisir pour le capitalisme a un prix, mais le Flamand dans la rue pense que dans et par ce système tout le monde devient plus riche.

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    • « Qu’as-tu fait de ton frère ? »

      « mais le Flamand dans la rue pense que dans et par ce système tout le monde devient plus riche »

      Tout le monde flamand, s’entend. Et si on mesure la richesse relativement au monde wallon, difficile de leur donner tort. Si la Flandre avait cru en la Wallonie. Si, au lieu de se mettre en compétition territoire contre territoire, elle avait investi en Wallonie, la situation et la perspective serait tout autre.

      C’est là qu’on voit que la vision politique et les situations économiques s’influencent mutuellement, que le nationalisme est un égoïsme « réaliste »- territorial et communautaire, appuyé sur la langue – et que c’est probablement au niveau des individus flamands, dans les avantages directs qu’ils avaient à tirer individuellement (compétition sur le marché du travail) et collectivement (compétition sur le marché des investissements internationaux) de la stigmatisation des Wallons et de la Wallonie que le basculement a eu lieu (dans les années 80, selon moi) et que le nationalisme a entammé la ronde de son cercle vicieux.

      Le nationalisme (entendu comme la défense égoiste de ses intérêts communautaires dans la confrontation) et la culture du mépris se renforcent mutuellement. Le Wallon est méprisable parce que c’est intéressant à deux points de vue : 1. on peut lui faire subir n’importe quoi et il l’a bien cherché 2. il y a un intérêt économique certain à éliminer un concurrent, quitte à s’en servir comme sas de compression pour amortir les crises. Le mépris du Wallon est à la fois rationnel et intéressé.

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      • La séduction du nationalisme, qu’il ne faut pas sous-estimer, est qu’il est un principe opérant sur la réalité. Le nationalisme « fonctionne », lorsque plus rien ne semble fonctionner. D’où la tentation de s’y rattacher, sans vouloir prendre la mesure des conséquences, au nom du réalisme et du pragmatisme.

        Le nationalisme est un principe vicié de la réalité, car il repose sur arrière-fond fantasmatique et il enferme dans le carcan d’une logique d’affrontement, dont on ne peut sortir que par le chaos.

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        • Mais bien sûr, lorsqu’il est presque certain que le coût, la souffrance issue du chaos sera supporté par l’autre partie, le nationalisme renforce son emprise, et devient un choix rationnel, en cela qu’il est peu risqué.

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  28. La mentalité du nv-A me semble assez bien décrite dans le roman « Mort à credit » de Louis-Ferdinand Céline.
    Ou est-ce que je me trompe dans ma lecture?

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