Charles Michel ou la N-VA : Nouvelle-Vitupérante Arrogance.

Capture d’écran 2015-06-11 à 19.28.57Mais quelle est cette dérive ? Où va cette droite que nous avons connue tellement plus humble, tellement plus libérale ? Celle qui parvenait, il y a deux décennies, à présenter un front commun avec d’autres partis traditionnels et démocrates, en particulier le Parti socialiste et le CDH ? Non content de donner des leçons aux autres partis alors qu’il n’est pas, lui-même, un exemple de réussite (ou disons, pas encore), voilà que Charles Michel tance le premier ministre grec Alexis Tsipras sur un de ces tons supérieurs auxquels nos politiciens francophones ne nous avaient pas habitués. « La récréation est finie », a tonné notre premier à la VRT, hier, alors même que François Hollande et Angela Merkel — autrement dit, ceux qui détiennent le vrai pouvoir en Europe — abordaient le sujet avec une retenue remarquable. Pour Moskovici, on est prêt d’atterrir. Pour Merkel, il ne faut pas que la Grèce sorte de l’euro.

Pour Charles Michel, il faut à présent que la Grèce « obéisse ». Ou plutôt, « respecte ses engagements ». Oui, mais ceux que la Troïka a exigés de la Grèce, ou ceux que Tsipras a pris envers les citoyens qui l’ont élu ? Ou encore, ceux du gouvernement grec précédent ? Celui qui a payé cher une législature qui a fait perdre au pays un bon 13 % de PIB par habitant, pour un total de 20 % depuis le lancement du premier mémorandum en 2010 ? Eh oui. Les dépenses de santé par Grec ont chuté d’un tiers en cinq ans. Ça peut faire tomber le meilleur des gouvernements.

Pour Charles Michel, il faut que Tsipras obéisse. Mais à qui ?

Parlons-en, d’ailleurs, des engagements imposés à la Grèce. Les baisses drastiques sur les retraites imposées par la Troïka en 2012 viennent d’être jugées inconstitutionnelles par le Conseil d’État grec parce qu’aucune étude sérieuse n’avait été menée pour vérifier que cette baisse constituait effectivement un avantage financier pour le pays… Et ce n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan d’amateurisme qui a prévalu au sein de la Troïka dans la gestion de la crise hellénique.

En janvier 2013, Olivier Blanchard, économiste en chef du FMI, reconnaissait une erreur de calcul. Ou plutôt une énorme bourde. Pour mesurer l’impact des mesures d’austérité imposées à la Grèce, FMI, BCE et Commission européenne (la Troïka) avaient utilisé un facteur de 0,5 (autrement dit, 10 milliards d’économies publiques entraîneraient 5 milliards de baisse du PIB) alors qu’en temps de crise — et les économistes du FMI le savaient — ce facteur dépasse souvent 1 (10 milliards d’économies publiques entraînent 10 milliards de perte en PIB) et peut même, dans des circonstances exceptionnelles, aller jusqu’à 3 (30 Mia de pertes pour 10 Mia d’économies publiques). Une belle démonstration du fait que l’État n’est pas seulement un coût, mais aussi un pourvoyeur économique précieux.

Le FMI aurait fait des erreurs de calcul ? Voire. Il semble plutôt que la Troïka n’a pas cherché à calculer sérieusement les effets probables de ses actions. Et qu’elle ait agi par pure idéologie : les Grecs allaient devoir payer (c’est d’ailleurs ce que Wolfgang Schäuble assénait à chaque réunion des ministres des Finances européens). Et tant pis si ça les poussait hors de la zone euro. Et tant pis si ce départ était susceptible de provoquer un cataclysme monétaire dont les pays restants paieraient le prix. Le principe était simple : le pays qui déconne doit s’en prendre un maximum sur la tronche pour qu’ensuite, plus aucun pays n’ait envie de déconner pendant les siècles qui suivent.

Le calcul de la Troïka était mauvais, la situation en grèce le prouve.

À ce titre, la question n’est même plus de savoir si les tenants de l’hyperaustérité en Grèce avaient raison ou tort, mais de savoir si l’on a, un jour, impliqué la raison elle-même dans le calcul ! Et il semble bien que non. Charles Michel devrait le savoir.

Il devrait savoir aussi que la Belgique n’a plus été un modèle depuis belle lurette. En 1993, sa dette avait atteint 138 % du PIB. Il lui fallut près de 10 ans pour la ramener aux alentours de 100 %. Et encore. Elle n’avait baissé sur cette décennie que de 5 milliards d’euros en euros constants, soit autour des 1,5 % en valeur réelle. C’est la croissance qui a rattrapé la dette. Si au contraire, la Belgique avait perdu 25 % de son PIB sur ces dix ans (comme la Grèce l’a fait ou subi en seulement cinq ans), en maintenant la même dette en euros, le pourcentage par rapport au PIB aurait au contraire atteint les 170 %. On a eu de la chance qu’il y ait eu croissance économique à cette époque.

Cet exemple belge montre qu’il eût été miraculeux que la Grèce parvînt à réduire son endettement relatif sans une augmentation de son PIB. Toute mesure efficace dans une telle perspective aurait dû garantir le maintien, au minimum, de l’économie à un niveau similaire à celui de 2009-2010. Et comme les économies nationales ont horreur des chocs brutaux, cela impliquait qu’aucun plan portant sur moins de vingt ans n’offrait les garanties nécessaires à une évolution positive. Aujourd’hui, malgré un défaut partiel de la Grèce, elle se retrouve dans la même situation d’endettement qu’en 2010 et rien ne permet d’imaginer qu’un nouveau plan similaire au précédent pourrait changer la donne. Bref, si les tenants des solutions de la Troïka ont une attitude à avoir et une seule, c’est l’humilité plutôt que l’arrogance ! Et quand on a un ministre des Finances de la trempe de Van Overtveldt, qui n’hésite pas à tancer Tsipras sur Twitter : « il est difficile de ne pas conclure que le gouvernement grec ne veut pas accepter les règles qui fondent une union monétaire. », on ne rajoute pas de l’huile dans la marmite.

L’arrogance de Van Overtveldt suffit pour un gouvernement.

Surtout quand on a un gouvernement qui, après huit mois, constate qu’il y aurait un ministre ne sert à rien selon Bart De Wever, qu’une autre s’est vue retirer une partie de ses prérogatives (pour incompétence), qu’une troisième a dû mentir au parlement pour enclencher une autre question dogmatique, décidant de rouvrir une centrale nucléaire qui ne pourra presque certainement pas l’être (et tout le monde le sait), qu’une quatrième a déjà acquis la réputation de ne pas savoir calculer, que plusieurs autres sont carrément aux abonnés absents (ils travaillent…) et que le premier ministre lui-même semble n’avoir aucun moyen de maintenir la paix entre les frères ennemis flamands du CD&V et de la N-VA. Au final, le ministre qui apparaît comme le plus compétent est encore… Jan Jambon !

Je ne sais pas si ce gouvernement est très mauvais ou excellent, c’est trop tôt pour le dire, on le saura dans quelques années seulement. Peut-être qu’il parviendra à créer les emplois qu’il a promis. Avec un peu de chance, la baisse de l’euro y contribuera plus sûrement que toutes les mesures qu’il prendra, mais ça, c’est le jeu. Et peut-être que dans dix ans, on célèbrera Michel I comme la meilleure équipe qui n’ait jamais dirigé le pays. Ou pas. Mais les indépendants ne voient pas le bout du tunnel, les syndicats restent en mode révolution permanente, l’économie ne semble pas redémarrer plus que ça, le gouvernement arrive avec des mesures qu’on se demande à quoi elles pourraient bien servir (werkbaar werk — le travail travaillable — ressemble plus à un travailler plus pour gagner plus sauce belge qu’à une série de mesures vraiment utiles à l’entreprise ou à l’économie).

Alors, il y a de quoi être inquiet. Car voici déjà venu le moment des rodomontades. Les solutions étant absentes, en rade ou pas encore mises en route, une belle grande déclaration, ça le fait. Et tant à faire que déclarer, autant prendre pour cible la Grèce, ça ne mange pas de pita. Et puis, viser Tsipras est une manière détournée de viser la gauche, ou disons, le PS. Il faut dire que (peut-être par contamination de la Nieuw-Vlaamse Arrogantie) les libéraux du camp Michel sont devenus complètement allergiques au Parti socialiste et à la gauche en général et ne manquent pas la moindre occasion de le faire savoir. La gauche, c’est caca ! Beurk. Les rouges sont incompétents, ont ruiné la Belgique, sont cons au point de croire en Keynes, alors que, c’est bien connu, seul Adam Smith avait la solution. On a vu ce que la main invisible a produit quand les grandes banques américaines ont joué aux dominos, mais bon.

Et au final, on tombe même de sa chaise quand on voit qu’au niveau communal, des coalitions PS-MR fonctionnent plutôt bien. Quoi ? Des rouges et des bleus ? M’enfin, comment est-ce possible ? Les rouges, c’est nul, incapable, c’est hyperdangereux, non ?

Les rouges, c’est beurk, caca.

Et ça, ce discours antisocialiste permanent, c’est franchement inquiétant. Parce que si ce gouvernement ne fait pas les miracles qu’il a promis de faire (baisser les impôts sans baisser les services tout en baissant leur coût sans faire baisser le PIB… good luck), il aura — en ajoutant à son incompétence potentielle une arrogance déplacée — décrédibilisé autant la gauche que la droite. Que reste-t-il ?

Alors, non, il ne fallait pas prendre la Grèce pour un enfant jouant dans le bac à sable en « sifflant la fin de la récré » comme l’a osé Charles Michel. Car, comme il le dit lui-même, la Grèce est un partenaire, et « On ne peut pas dire en Europe que l’on est des démocrates et s’émouvoir […] lorsqu’un gouvernement émet un certain nombre de souhaits ». Seulement, voilà, dans ce dernier cas, notre premier ministre ne parlait pas de Tsipras, mais d’un grand ami de la N-VA, David Cameron, dont Charles Michel soutient… le projet de référendum. Une idée qui provoque déjà de sérieux remous dans la propre majorité dudit David…

Gageons que Charles Michel sera moins regardant de la démocratie quand Tsipras lui annoncera qu’il est tenu, dans un État de droit, de respecter la décision de son Conseil d’État… Et qu’il doit donc revaloriser les retraites de plus de 1.000 euros de 5 à 10 %, envers et contre la Troïka, envers et contre sa propre volonté politique, même ! Mais c’est vrai que, contrairement au Royaume-Uni, la Grèce peut aujourd’hui servir à tout. Y compris à de grandes envolées qui servent à faire croire que l’autorité de Charles Michel dépasse largement les frontières.

Notez que comme elle n’a toujours pas réussi à s’établir dans son propre pays, on le comprend un peu…

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Catégories :Belgique, Europe

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27 réponses

  1. s’il y a bien un gamin dans l’affaire, c’est Charles Michel.
    mais le résident du conseil européen ne fait pas mieux
    http://www.lesoir.be/904713/article/actualite/monde/2015-06-11/donald-tusk-au-gouvernement-grec-jeu-poker-c-est-fini

    Il faudrait plutôt demander l’avis de Peter Praet mais il adopterait sans hésiter une réponse HELLIPTIQUE!

    La situation est complexe.

    La peur des CDS en cascade est là! Si si, il sont toujours là dans les bains…

    Tiens tiens,vous connaissez la taille des dérivés de Deutsche Bank par rapport à sa capitalisation?
    Qui vient de quitter le bateau.de cette banque?

    Et si la Grèce était too big to fail?

    Je me tiens tu me tiens par la barbichette: un jeu d’équilibre de Nash…

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  2. Arrogance pour arrogance, Di Rupo en 25 ans n’a pas amélioré les revenus du citoyen, bien au contraire…laissons donc Michel démontrer (ou pas) en 5 ans qu’il peut améliorer les bas revenus et l’économie Belge si endettée.
    Wait and see, et pas de « caca » nerveux contre le Fédéral.

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    • Michel, améliorer les bas revenus en demandant la fin de la récréation!!

      Merci pour les petits belges et les petits grecs!!

      ah! ah!

      à mourir de rire

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    • di rupo existait ya 25 ans ? ah bon j’ai rien vu… par contre papa michel qu’a placé charlie je connais…

      l’entité « fédéral » où l’hyper majorité des FR n’est pas représentée

      « caca nerveux » : belle imagination des neurones legroscollard

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  3. @ Marcel,

    allei, tu ne sais pas si ce gouvernement est très mauvais ou excellent? Mais si tu le sais, il y a quelque billets, tu appelais à combattre le gouvernement. Ah mais depuis tu es devenu plus prudent

    soit, deux articles NVA=fachos basés sur du vent et maintenant Michel qui a osé dire que le temps de jouer au poker est fini

    ah, il osé dire speeltijd! Arrogance!

    allez, encore 3 billet NVA caca et tu auras peut-être un contrat Tecteo…

    joli Marcel, vraiment joli

    VV

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    • Walimero : Vous semblez tout prendre au premier degré. Or, à mon humble avis, il y a heureusement du deuxième et plus… degré dans les articles de Marcel. Je pense qu’il faudrait s’exercer à lire entre les lignes. Pour moi, la position de Marcel vis-à-vis du gouvernement est très claire et n’a pas changé. Le sujet et les personnes sont simplement différentes. On ne voudrait pas toujours lire les mêmes choses non?
      Bien à vous.
      Marcel : vous avez tout à fait raison… C’est tellement facile d’aboyer sur les autres et de ne pas regarder chez soi. Ce serait bien amusant qu’un jour toute l’Europe ressemble à la Grèce. Je me demande alors comment le citoyen lamda et nos élites arrogantes réagiraient.
      « Y a qu’à…? »
      Et une dernière chose, je dois vous avouer que je n’ai pas vu votre bouton Paypal. Merci d’éclairer ma lanterne.

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    • 1. Quels sont vos arguments pour dire que ses billets sont basés sur du vent ? Parce que la vous faites ce que vous dénoncez…
      2. Charles Michel n’a pas parlé de poker mais de récréation, en politique les mots ont leur importance et sont bien choisis. Quand on sait ce que les grecs subissent depuis des années, un peu de retenue ça ne fait pas de mal, mais évidemment quand on cherche à exister médiatiquement, ça fait moins de vague…

      (pour info, Tecteo ne s’appelle plus Tecteo mais Nethys :))

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    • On l’entend déjà venir de loin: si en 2019 le pays et les belges se porteront mieux, ce sera grâce à des circonstances externes, surtout pas aux mesures prises par le gouvernement.

      Ce sera encore grâce aux socialistes en fait.

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  4. Paypal : ok j’ai trouvé. « Faire un don » mais comme il n’y avait pas le logo Paypal, je n’avais pas cliqué…

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  5. Il semble que Donald Tusk s’y soit mis aussi ce soir, en suggérant au gouvernement grec que « Ce n’est plus le moment de jouer! »… Ce ton me scandalise d’autant qu’il cherche à enforcer une image du peuple grec comme des gens irresponsables, qui ne pensent qu’à s’amuser. Un peu comme si depuis 2010 la vie des grecs n’était plus qu’une partie de plaisir, une grande récréation…

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  6. Tous les politiciens sont arrogant. Tout le monde le sait. Tout le monde le voit. Sauf pas Marcel Sel.

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  7. Bain de sang social, tu perds ton sang froid !

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  8. Mais qu’espériez-vous donc du fils à papa devenu premier ministre à l’arrache pour satisfaire les ambitions déçues de son père. Ce gamin, qui n’a jamais dû travailler pour gagner sa croûte, n’a jamais pu démontrer de réelles compétences dans tous les postes ministériels où il est passé.

    Aimé par 1 personne

  9. Un article intéressant, d’autant plus qu’il pourrait vous contredire…:http://www.contrepoints.org/2015/03/02/199465-6-mythes-persistants-sur-la-crise-grecque

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  10. @Marcel

    « Le principe était simple : le pays qui déconne doit s’en prendre un maximum sur la tronche pour qu’ensuite, plus aucun pays n’ait envie de déconner pendant les siècles qui suivent. »

    si j’ai bien compris on parle là d’une e.u. « de mille ans » (y a une odeur là ou je shunte?)

    « Je ne sais pas si ce gouvernement est très mauvais ou excellent, c’est trop tôt pour le dire, on le saura dans quelques années seulement. Peut-être qu’il parviendra à créer les emplois qu’il a promis. »

    merci Marcel pour votre optimisme…
    par ailleurs j’ai adoré le réalisme de ce post, mais perso je pense que le fils michel a des compétences normales pour un wallifornien middel-up mais pas plus, donc…

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  11. « Nouvelle-Vitupérante Arrogance »

    tant qu’à faire Marcel « Niaise-Vitupérante Arrogance » ne serait-elle pas plus cohérente notamment à Bxl capitale du peuple élu

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  12. Un élément de la crise grecque dont on parle assez peu, c’est le taux auquel cet état est forcé d’emprunter et qui se situe toujours au-dessus de 10%. Si la Belgique avait été soumise aux mêmes conditions ces six ou sept dernières années, elle serait à coup sûr dans une situation aussi dramatique que la Grèce. Soit dit en passant, la Belgique n’est pas le moindre des usuriers dans cette affaire.

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  13. « ce discours antisocialiste permanent, c’est franchement inquiétant »

    Als dat nu gewoon hun mening is? U heeft toch ook een permanent anti-N-VA discours, u heeft toch ook recht op uw mening?

    Ik vind die uitspraak arrogant.

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  14. Je vais finir par croire que le trésorier de l’IEV appuie sur paypal chaque fois que vous placer les mots Michel et MR dans vos diatribes …;-)

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    • Haha. Non, désolé, le trésorier de l’IEV n’appuie sur rien. Mais dites, c’est qui le premier ministre ? Autrement dit, qui a le pouvoir et nous représente ? Voilà, vous avez la réponse à la question : « pourquoi Marcel Sel est-il plus attentif au premier ministre qu’à Elio Di Rupo ».

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