Guy Verhofstadt et Louis Michel : der Untergang.

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Après avoir associé N-VA et Auschwitz, Verhofstadt faisait des pieds et des mains pour l’intégrer dans l’ALDE. Ça ne vous rappelle rien ?

C’est d’autant plus grave, ce qui arrive aujourd’hui, que Guy Verhofstadt incarnait le fédéralisme européen autant que l’antinationalisme. En cherchant à intégrer dans l’ALDE — le groupe libéral au Parlement européen — un parti qui n’avait rien à y faire et dont il avait lui-même fustigé l’extrémisme à de nombreuses reprises, le chef des libéraux ne s’est pas seulement décrédibilisé lui-même. Il a aussi décrédibilisé l’antinationalisme, une Europe fédérale, et les partis traditionnels. La politique s’en sort salie, « Bruxelles », meurtrie. La gifle que lui a infligée la N-VA n’était pas seulement prévisible, il l’a lui-même rendue inévitable.

Revenons un peu en arrière. Depuis plusieurs semaines, Guy Verhofstadt s’était mis à draguer la N-VA (qui apparemment lui a donné des signes d’intérêt) afin de faire rentrer ses quatre sièges de députés dans son groupe de l’ALDE. En prenant de gros risques : il y a à peine une semaine, Louis Michel (MR, libéraux francophones belges) affirmait au Soir que si la N-VA nationaliste entrait dans l’ALDE, son parti quitterait le groupe. Il faut dire que son propre fils, Charles Michel, président du MR, avait attribué à la N-VA un certain racisme. Au final, lorsqu’il s’est agi de voter l’ouverture de l’ALDE aux nationalistes flamands, le MR s’est opposé, mais n’a pas quitté le groupe. En une semaine, les libéraux francophones faisaient complètement volte-face et mangeaient leur parole. Je reviens à Louis Michel plus bas.

Mardi, l’on apprenait donc que les libéraux européens ouvraient grand la porte aux nationalistes. Sans pour autant avoir l’aval de la N-VA elle-même. Et mercredi, ce qui devait arriver arriva : en fin de soirée, le conseil de direction de la N-VA votait l’entrée dans le groupe parlementaire ECR, les (néo-)conservateurs eurosceptiques de David Cameron, le premier ministre anglais. Pire qu’un camouflet, pire qu’une gifle, ce vote est une véritable crucifixion pour Verhofstadt : sur 103 membres du conseil nationaliste, seuls 3 ont opté pour l’ALDE ! 60 pour l’ECR et 40 pour rester dans le groupe technique des Verts, sous l’enseigne EFA (autonomistes régionalistes). 

On a en fait échappé au pire : si la N-VA avait choisi l’ALDE, Louis Michel, l’homme qui a obtenu le boycott de l’Autriche quand Wolfgang Schüssel (social-chrétien) avait fait monter le FPÖ de Jorg Haider dans son gouvernement, aurait dû se résigner à siéger à côté de Mark Demesmaeker, député européen N-VA, le plus radical des nationalistes « démocratiques », qui a assisté sans broncher et en riant à une séance de « dératisation » du bourgmestre francophone (MR aujourd’hui) de Linkebeek ; Demesmaeker qui a maintes fois suggéré une alliance entre la N-VA et les néo-nazis du Vlaams Belang et qui, en 2004, n’a pas hésité à assister à une commémoration au leader nazi flamand de l’Occupation, Staf De Clercq, qui envoya les jeunes Flamands dans la Waffen-SS et soutint l’éradication des Juifs de Flandre. « Les Juifs doivent partir, c’est une question d’hygiène publique », avait dit ce monsieur en 1941. À ma connaissance, si Jorg Haider a bien minimisé le rôle des Waffen-SS autrichiens, affirmant qu’ils n’étaient pas des criminels, je n’ai pas trouvé trace de sa participation à un éloge à Arthur Seyss-Inquart, l’équivalent autrichien de Staf De Clercq.

Je ne dis pas que Demesmaeker est un nazi, même s’il est difficile de le voir comme un démocrate. Je dis que si l’on reproche à Haider sa minimisation de la criminalité des Waffen-SS, pourquoi balaie-t-on d’un revers de bras la participation de son collègue flamand à une commémo plus sulführeuse encore ? Surtout que l’omerta en Belgique est bien pire que celle qui prévalait à l’époque en Autriche : il est carrément impossible d’évoquer dans la grande presse de notre pays le passé (récent) radical de certains N-VA. Faites une recherche dans la presse francophone sur Jan Peumans (président du Parlement flamand) affirmant que les résistants étaient des crapules et des assassins. Rien. Faites-en une autre sur les relations étranges entre Bart De Wever et le Centre de Documentation Joris Van Severen, une institution conçue pour perpétuer l’image du premier fasciste flamand, violemment antisémite. Néant. Trouvez le journal qui a évoqué un probable mensonge de De Wever qui a affirmé qu’il était simplement présent à la conférence avec Jean-Marie Le Pen (lorsqu’une photo compromettante des deux nationalistes a fuité dans la presse) alors que mes sources affirment que c’est lui qui a modéré le débat ? Hormis les références à mon livre, Les Secrets de Bart De Wever, vous ne trouverez rien !

Ici encore, je ne dis pas que le président de la N-VA souffre toujours de cette fascination pour l’extrême droite la plus radicale et la plus nostalgique. Je dis que n’importe quel homme politique, en Belgique, en France, aux Pays-Bas ou en Allemagne, qui aurait eu de tels amours de jeunesse aurait été mis, par la presse, face à ces interrogations et aurait été sommé de s’en expliquer avant que l’on décide d’écrire « la N-VA est un parti [très] [absolument] [totalement] [infiniment] démocratique. » 

Pour ma part, je souhaite qu’on puisse un jour vider l’abcès, ces interrogations doivent être abordées. La N-VA est un parti important qui repose toujours sur un arrière-ban aux idéologies dangereuses, mais dispose aussi d’un électorat progressiste. Il serait donc souhaitable que le parti abandonne ses icônes nationalistes et évolue vers un régionalisme positif. 

Mais je constate que tout est fait pour que l’on n’aille pas farfouiller trop loin dans son arrière-ban. Qualifiez la N-VA de simplement « populiste », et c’est un journaliste plutôt de gauche, en Flandre, qui vous dira que vous provoquez. Pourtant, le dossier est là, objectivement (pour autant qu’il soit possible d’être objectif). Il est lourd, et j’en ai, hélas, toujours l’exclusivité en Belgique francophone (en Flandre, il y a le front antifa, Blokwatch et quelques autres). Voilà pour le cas Louis Michel : pour les Francophones qui, mettons à 70 %, pensent que la N-VA est un parti xénophobe ou, au minimum, populiste, son retournement de veste n’est qu’une démonstration de la faiblesse politicarde des partis de pouvoir en Belgique. Et de l’hypocrisie de son action anti-Haider. Or, nous avions justement besoin que cet homme-là, qui était le seul à s’élever avec autant de force contre le retour du nationalisme en Europe, reste cohérent. Il ne l’est plus. Grâce à Verhofstadt.

Ce dernier, qui avait fait un chemin admirable, d’abord protonationaliste flamand avant de devenir un premier ministre de cohésion nationale en Belgique pour atterrir enfin dans l’antinationalisme pro-européen le plus rafraîchissant, nous donne un exemple effarant de bêtise, d’ambition et d’opportunisme politico-politicien. Lui, il avait massacré verbalement la N-VA en affirmant que « l’ultime logique du nationalisme, c’est Auschwitz » ou en les comparant au Vlaams Belang néo-nazi (commémorant les Waffen-SS et leurs leaders, entretenant un musée « nazi » selon un de ses ex-membres, « auteurs » d’un autre musée à Anvers à la gloire du nazi antisémite condamné à mort August Borms… objectivement, chez moi, ça donne « néo-nazi », pas juste « extrême-droite »). Tout ça, pour ensuite faire des pieds et des mains pour faire entrer la N-VA… dans son propre groupe parlementaire européen ! La chute est lourde, non, elle est totale. Der Untergang.

Tout cela suffirait s’il n’y avait en plus une naïveté abyssale dans le chef de cet homme dont j’ai stupidement fait l’éloge dans deux de mes livres. Parce que même sa réaction à la gifle du parti de Bart De Wever témoigne de crétinerie (pardon aux crétins) plus que de conscience politique : « Nous tendons la main à tous ceux qui veulent collaborer à la réforme de l’Union européenne […] Il n’est évidemment pas bon pour l’Europe que le plus grand parti du pays ait choisi de s’affilier à la fraction extrêmement eurosceptique, si pas antieuropéenne, où divers partis d’extrême droite siègent, comme les Vrais Finlandais et le Parti du Peuple danois, ou des partis comme Alternative pour l’Allemagne qui veulent briser l’euro. »

Oui, « crétinerie » dès lors que le député européen le plus en vue dans le groupe N-VA, Mark Demesmaeker, a démoli le fédéralisme européen de Verhofstadt dans un billet où il l’accusait même d’être un « nationaliste européen ». Comment le président des libéraux européens a-t-il pu croire que la N-VA était un parti pro-européen dans le sens où il l’entend ? D’ailleurs, je ne comprends toujours pas comment les politologues belges ont pu, dans leur grande majorité, entretenir la légende qui consiste à présenter la N-VA comme europhile. Elle montre en fait que l’idéologie fondamentale des nationalistes flamands est si bien couverte par un bruit de fond qui s’apparente au brouillage de la BBC pendant la guerre, que personne n’ose analyser un tant soit peu la véritable approche européenne de Bart De Wever et de ses collègues au Parlement européen. 

Je l’avais fait dès 2011 (désolé de me lancer des fleurs, mais qui d’autre l’a fait ?) en montrant — toujours dans Les Secrets de Bart De Wever — que son europhilie n’était qu’une vitrine clinquante qui cachait une vision très peu europhile de l’union. En résumé, la N-VA voit l’Europe comme une confédération au service des nations, et veut soumettre à référendum national les grandes décisions européennes. Une manière très efficace de rendre l’Europe inopérante. Son discours sur l’Europe, même en campagne électorale, se résume d’ailleurs à dire que l’Europe, c’est chouette, mais que la nation (flamande) doit primer. Ce n’est même pas un statu quo européen qu’elle veut, c’est un retour au Marché commun, tout en préservant l’euro.

Dans une querelle directe entre les Verhofstadt et Demesmaeker en février de cette année (Verhofstadt a la mémoire ultracourte), le gouffre idéologique entre Open VLD et N-VA était clairement apparu : Guy reprochait à Mark de s’être abstenu lors du vote sur un plan d’action européen contre l’homophobie. Réponse de Demesmaeker : « ceci n’a absolument rien à voir avec le fait d’être pour ou contre les droits des homosexuels ou avec le nationalisme. L’Europe doit se limiter à ses prérogatives. » Et d’asséner que « si on ne fait pas ça, on arrivera à une sorte d’États-Unis d’Europe où les responsabilités des États membres sont glissées sous le tapis. » Comment mieux dire que la N-VA veut une Europe qui n’empiète pas sur le droit de la Flandre à ne pas agir contre l’homophobie, par exemple ? Or, quel est intérêt de ne pas soutenir cette action européenne si l’on est convaincu que les droits des homosexuels font partie du minimum garanti de notre société des valeurs ? Et quel est le sens de la subsidiarité si même au niveau des droits humains fondamentaux, la N-VA trouve que l’Europe n’a pas à lancer des plans d’action ? Et enfin, comment Verhofstadt peut-il, quelques mois plus tard, penser que la présence de la N-VA au sein de l’ALDE pourrait faire avancer l’Europe vers plus de fédéralisme ? Naïf, crétin, idiot, ou d’un opportunisme si peu scrupuleux qu’on n’ose même pas y croire ? 

Ce matin, l’autre député européen N-VA en vue, Johan Van Overtveldt, écrivait en marge de l’entrée de la N-VA dans l’ECR de David Cameron : « En tant que parti euroréaliste [eh ouais], la N-VA rejette l’idée d’un super-État européen, mais nous ne voulons pas non plus d’un négativisme complet. Nous sommes positifs, mais critiques envers l’UE. De ce point de vue, nous sommes sur la même longueur d’onde que les groupes les plus importants à l’intérieur de l’ECR [autrement dit, de David Cameron]». Le député ajoute que la N-VA et les autres partis du groupe « se comprennent sur le plan socio-économique ». Ajoutons-y le régionalisme européen (scission de l’Europe en une centaine de micronations — de quoi la rendre ingérable), la destruction de l’union bancaire, et moins de directives européennes (mais des meilleures). Tout cela à côté d’un maintien de l’euro, mais avec (encore plus) de discipline budgétaire — ce qui devrait exclure la moitié des pays de l’eurozone si on pousse cette logique à sa… logique. Et un soutien aux libertés citoyennes et aux droits de l’homme. Sauf, apparemment, lorsqu’il s’agit de droits des homosexuels, si l’on en croit l’abstention de Mark Demesmaeker.

Bref, l’euroréalisme de la N-VA n’est peut-être pas tout à fait l’euroscepticisme de David Cameron, mais dans la pratique, ça finit par y ressembler. Il est pénible, en revanche, de constater que l’apparente europhilie de la N-VA ait su convaincre tant d’europhiles qui ont voté pour plus d’Europe, mais en cochant N-VA, grâce notamment à la presse qui n’a jamais critiqué l’europhilie de façade du parti. On prend trop souvent Bart De Wever au mot quand il défend certains points de vue (j’adoooooooore l’Europe) sans aller voir plus au fond de la doxa nationaliste de quoi il est question en réalité. 

Plus fou encore, le fait que Verhofstadt ait pu croire que la N-VA serait attirée par le libéralisme. Bart De Wever est fasciné par le néoconservateur Dalrymple, sans accepter les visions plus libérales de l’écrivain. Il a lui-même affirmé qu’il n’était pas un libéral, et cela fait tout de même 40 ans que tout en lui rejette les lumières, Voltaire, Montesquieu, et place les droits de la communauté au-dessus des droits individuels. Bref, un conservateur nationaliste euroréalistoscepticoïde. Ce que je disais déjà en 2011, et que bien des commentateurs ont refusé de voir. Bien des politiciens aussi.

Enfin, Guy Verhofstadt a confondu deux manières de faire de la politique. La sienne, traditionnelle, où un parti peut en accuser un autre de fascisme et, après les élections, l’accueillir en son sein comme si de rien n’était — celle-là même qui amène l’électeur et le citoyen à se détacher lentement mais sûrement de ces partis démocrates mais devenus incompréhensibles, et à choisir, de plus en plus, de voter pour des formations populistes (qu’elles soient communistes, nationalistes, fascistes ou populistes au sens strict). Et d’autre part, Guy a sous-estimé la droiture de la N-VA, nettement plus rigoureuse parce que dans un parti nationaliste, la nation est une valeur supérieure au nombre de sièges que l’on peut obtenir. Dans un parti libéral, sociodémocrate ou social-chrétien, on a depuis longtemps cessé d’être cohérent, voire de s’intéresser au bien commun et à la population qui n’est plus perçue que comme un troupeau de moutons à alimenter correctement pour qu’il vous élise ensuite. Les populistes constituent un danger sociétal réel — surtout quand ils dépassent les 10 % des voix, mais au moins, ils ont la cohérence pour eux. Avis aux « trados » : c’est cette cohérence qui leur vaut une bonne partie de leur succès. 

Et c’est parce que la N-VA nationaliste a encore cette cohérence, malgré sa taille, qu’elle est plus prévisible : jamais, elle ne serait entrée dans un groupe parlementaire dont le patron les aurait « insultés » comme Verhofstadt l’a fait. Mais même sans ces insultes, elle allait de toute façon préférer un groupe où elle peut évoluer en tant que nationaliste/autonomiste (c’était le cas de l’EFA qui la reliait aux autres indépendantistes, généralement non-nationalistes — 40 % des membres du Conseil de la N-VA ont voté dans ce sens), ou bien en tant que conservatrice/euroréalistoscepticoïde/nationaliste — c’est le cas de l’ECR. 

Et le choix conservateur est finalement le plus logique : c’est le seul qui permet d’exprimer les trois caractéristiques principales de la N-VA que je viens de citer. Oui, même le nationalisme. Car au Parlement européen, la N-VA est le seul parti belge à figurer dans un groupe sans partenaire de l’autre communauté linguistique. Et dans l’ECR, ce n’est même pas un parti de la Belgique au sein de l’Europe, mais bien de la Flandre (autonome) au sein de cette même Europe. Et c’est donc bien la Flandre et non la Belgique qui a été accueillie par Cameron dans son groupe conservateur, eurosceptique et pas très immigration-friendly. 

Au final, les antinationalistes sont orphelins de leurs hommes politiques qui ont perdu toute crédibilité et auront bien du mal à les convaincre que ce n’est qu’un banal épisode à oublier bien vite. Les eurofédéralistes sont orphelins de leur plus ardent défenseur, qui vient de saborder tout seul l’édifice qu’il a patiemment construit. Les nationalistes, les conservateurs, les eurosceptiques, eux, ont largement gagné. Avis à notre classe politique belge et européenne : quand allez-vous enfin revenir à l’essentiel : la cohérence ? Si ce message reste lettre morte, ne vous étonnez pas, chers politiciens traditionnels, de voir dans cinq ou dix ans, des partis comme la N-VA, ou plus extrémistes, envahir les parlements européens avec 30 % des voix et briser notre rêve commun d’une Europe forte et pacifique : vous aurez tout fait pour !

 



Catégories :Élections 2014, Europe

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71 réponses

  1. Als je nu pas door hebt dat Verhofstadt een opportunist is die niet zou aarzelen om zijn eigen moeder onder de bus te gooien voor zijn carriere, heb je hem nooit begrepen.

    Een interessante oefening is Verhofstadt zijn burgermanifesten naast het NVA programma te leggen. Je zou meer gelijkenissen dan verschillen zien.

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  2. Verhofstadt a espéré simplement qu’il n’y ait pas de cette « cohérence » dans la politique nationaliste de la NVA … il a tendu la main et a pris un poing dans la figure, espérons que ça lui ouvre les yeux à lui et aux autres hommes politiques flamands sur les réelles intentions de la NVA et sur la solidité de sa néfaste cohérence !
    Merci pour cette analyse en tout cas, ça fait du bien à notre bon sens!

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  3. Et avant, c’était Cohn-Bendit … On va finir par se méfier de Quatremer. Sale temps. Je crois qu’ils pensent qu’ils peuvent manipuler les nationalistes flamands. Quelle naïveté.

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  4. Verhofstadt…

    Une caricature de lui-même!

    Vous ne croyez quand même pas qu’on peut devenir Praïme Ministeure of Beldjeum’ sans avoir fait la preuve de son infinie belgitude, à savoir cette capacité (assez unique au monde, reconnaissons-le) à dire et faire absolument n’importe quoi (vous savez, cet art -que dis-je : science!- du retournement de veste aussi imparable que pourtant prévisible).

    Non mais!

    Regardez notre bienheureux EDR: après avoir prôné le confédéralisme publiquement bien avant Bart, à l’époque où il devait encore se défaire de l’inénarrable Maurice Lafosse pour avancer vers son destin (et portait encore une cravate en lieu et place du noeud pap’), notre Jean-Marie Messier des pauvres a « par après » (soyons belges) austérlitzé l’enseignement de la Communautéï, consolidé stratégiquement la glorieuse RTTéï, pour ensuite patiemment se construire un destin de courtisan exemplaire à grandes lampées de « Sa Majestéï » et à la consternation de ce qu’il restait de républicain au PS (entre deux digressions sur le prix du bifteck et la dureté de la vie dans les chaumières des enfants issus de l’immigration). Remisant bien vite au placard ses platitudes royalistes une fois le poste obtenu, il ne lui resta plus qu’à conserver le pin’s tricolore indispensable pour rester dans la course pour le cas où il pourrait rempiler. Le vent tournant, voilà notre brave Elio déjà en train de se bâtir avec ses équipes de com’ un destin de SuperWallon (comme il l’avait d’ailleurs annoncé à un de ces anciens rivaux qui, paraît-il, tente d’exposer ses réalisations picturales pour le moins étonnantes mais a désormais beaucoup moins l’occasion de les imposer). Qui sait? Peut-être qu’un jour, il proposera une alliance Ukip-PS Wallon autour d’une alchimie politique détonnante!

    S’il a l’intuition que c’est cela qui permettra de rester au pouvoir, tout est possible. La maison ne recule devant aucun sacrifice.

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  5. Et le MR irait au fédéral avec eux ????? Malgré tout ! quel fange nauséabonde !

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  6. Je ne veux pas heurter vos convictions Marcel, ni briser vos illusions qu’il se trouve encore en Flandre « des gens qui ne pensent pas comme Bart De Wever » mais il y a longtemps que je suis persuadé, pour paraphraser le docteur Knock, que tout Flamand est un Flamingant qui sommeille.

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  7. Juste à vomir …

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  8. Un peu naïve, votre analyse, moi, je trouve…

    Le VLD fait patte blanche car il voudrait participer au gouvernement fédéral avec sinon à la place du CDH…

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  9. La fin justifie les moyens.
    C’est la devise des politiques non?
    Des libéraux surement.

    Mais je n’ai pas trop compris ce que vous reprochez vraiment à Louis Michel.
    Je suis donc bête?

    Et Didijé?

    Il doit y avoir un lien entre le choix de la NVA pour ce groupe conservateur européen et le résultat actuel (non-)obtenu par l’informateur .

    J’ai toujours su que la NVA ne serait la femme de personne même si parfois le peuple l’oublie.

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    • Je reproche à Louis Michel son incohérence. Il a exclu l’Autriche et c’était bien, mais était prêt à siéger aux côtés de nationalistes, dont un plus radical que d’autres.

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      • Mais non, si je ne me trompe, Louis Michel a dit qu’il ne siégerait jamais à côté d’un N-VA. Mais il est vrai que « jamais » en politique a un autre sens qu’en français.

        Pour le reste, la N-VA est victime de sa propre doctrine. Je ne sais dans quelle mesure certains de ses électeurs vont approuver de les voir siéger à l’Europe à côté des pires euro-sceptiques. Pour « La Flandre », qui se targe d’abriter la capitale de l’Europe (Bruxelles étant en Flandre), voilà qui fait un peu désordre! « La Flandre » (et Anvers) qui vit de ses exportations!

        Certains commentateurs prétendent que, grâce à ce camouflet, GVH (et LM accessoirement) sauvent leur « virginité ». C’est une fois de plus prendre les « spectateurs » pour des imbéciles. Mais au point où on en est, pourquoi se gêner?

        La conclusion est que ceux qui méritaient une certaine considération perdent toute crédibilité… je dirais même tout honneur, et que les autres (N-VA) se voient dévoilés dans leurs hypocrisies,,,alors que finalement, ni l’un ni l’autre ne changent (ou ne changeront) finalement le « vox populi ». Alors, en effet, pourquoi se gêner? 😦

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  10. merci marcel merci

    merci de revenir à vos fonda mentaux
    vous êtes un observateur efficace du flamingantisme, cette trisomie flamande (pardon aux chromosomes)

    baby tchatcher disait à qui pouvait l’entendre alors, pauvre bébé, à quel point le FR polluait les libéraux gantois cette putain d’élite arrogante (perso je sais pas ce qu’en pense l’élite vooruit-sp a)
    c’était avant le pardon à nos paras, la con pétance bunnyverselle, la matthäus-passion du chemin du seigneur, un peu d’escaut qui descendit en italie, toscan tout de même pas trop volcan, le premier prépensionné reconverti (re- pas assez verdi d’ailleurs) myopérationnel parfois, libérâleur malade atteint de papycohnbendite mais bon c’est pas assez pour en faire une petite victime sexy et tout le bazar avec dans la pièce du théâtreux ropéen,

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    • ai lu dans le lesoir la lettre de guy v. à béatrice delvaux ce samedi:

      ya pas à dire ce type est une ordure, il accuse les autres de pas comprendre à quel point il est ouvert au dialogue avec les gens ouverts à l’europe dans le respect des identités nationales (« nation », « nation » , »nation » , « nation » ….)
      c’est lui qu’a dit le bien qu’il pensait du nationalisme flamand incarné par la n-va, y a que lui qui peut incarner la nation (laquelle?)ou quoi alors?

      salaud de guy v.: « – tu ne seras jamais président [du conseil] pauvre type! » (dani cohn-b. à un autre connard)
      tu prends les verts en otage comme d’hab, tu prétends que le groupe européen « ale-green » c’est pareil à l’alde, dont tu expliques pourtant la connivence des acteurs, alors qu' »ale-green » c’est clairement un montage technique de fonctionnement démocratique, la n-va n’a jamais fait partie du groupe écologiste tu mens guy tu cherches des voix pour soutenir ton euro-égo et tu mens, même l’n-va ne veut pas d’un tel menteur qui veut laisser croire que cameron=ukip

      « – tu ne seras jamais président [du conseil] pauvre type! » c’est pathétique que va dire le père de la dynastie michel, à part juste être soulagé dans son coin par le refus de la n-va

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      • A ma connaissance, c’est même Groen/Ecolo qui l’y avait invité ! De vieilles amitiés sur le front…

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        • @Phlippe

          bart staes est un écologiste dont le passé flamingant a aidé globalement les uns et les autres à trouver par ingénérie subsidiale des financements démocratiques…
          et la n-va (alors elle-même groupustule) n’a jamais fait partie du groupe écologiste européen,

          par contre guy v. acceuillait le slimste vlaming ter wereld à bras ouvert,dans son groupe :
          bad bart! loser guy!

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  11. Je vous cite « Verhofstadt a le mémoire ultra courte ». Monsieur Sel, vous m’avez insulté !

    Muc (Mémoire Ultra Courte)

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  12. [NOTE DU CENSEUR SEL : JE CONSIDERE CE COMMENTAIRE HOMOPHOBE MAIS JE LE PUBLIE À TITRE D’INFORMATION]
    Je vais être très dure, Marcel Sel, mais personnellement je n’ai jamais cru en G.V.. Etre homophile, c’est choisir de vivre dans la soi-disant égalité entre homme et femme, dans l’indifférenciation sexuelle. C’est-à-dire le non-choix. Dans la vie il faut pourtant choisir. Etre ou ne pas être d’extrême-droite (position aussi difficile que de choisir d’être un homme ou une femme). Le mariage homo a été légalisé sous G.V.. Etre homophile c’est flirter avec le nazisme (eh oui!). Dans la vie, il faut choisir sa place, à défaut de faire les pires bourdes.

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    • Pourquoi faites vous un lien entre l’égalité homme/femme, la différenciation sexuelle et l’homosexualité ? … Et vous oubliez que les homosexuel(le)s, tous comme les juifs, tziganes, (liste non exhaustive) et les opposants politiques faisaient tous un petit tour sous la douche à gaz de ces « braves » nazis…

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      • [Je trouve cette comparaison entre nazisme et homosexualité tout à fait déplacée mais bon, liberté d’expression comme on dit] La réponse mériterait un long développement que je ne ferai pas ici. Les amalgames sont toujours imparfaits et manquent de nuances par définition. Vous devriez analyser l’origine du nazisme et ses liens avec l’homosexualité qui sont pourtant flagrants, pour qui sait observer. Cas extrême, le fait d’être persécuté ne signifie pas grand-chose, hélas, sachant que le choix des nazis s’opérait sur des êtres faibles, efféminés, « décadents », dans lesquels ils reconnaissaient l’exhibition de leurs propres pulsions. Dirions-nous que le Front National n’est pas antisémite parce qu’il persécute surtout les arabes, par exemple?
        Je remercie cependant Marcel Sel de pouvoir laisser s’exprimer nombre de nuances qui manquent souvent dans les discussions des forums…

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    • @Mélu'(pas l’origi’)

      intéressantes à défaut d’être origynales, vos théories lesbiennes sur le nazisme et les gays…

      on sent que vous comprenez bien pourquoi les coloniaux bien racistes couchaient avec des négresses, pourquoi les papes les plus drag-queens sont les plus homophobes,…
      charmante confusion entre homosexualité et domination masculine, votre papa a dû bien vous faire souffrir

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  13. « Cabaret » de Harold Price (film réalisé par Bob Fosse), qui se passe à Berlin en 1931, commence dans un music-hall de travestis où le « meneur de jeu », au sens propre et au sens figuré, maquillé comme une poupée, à la voix haut perchée, représente le diable (ou si l’on veut, Hitler in uns), celui qui connaît les hommes, les manipule et les conduit jusqu’à l’accomplissement inéluctable de leur destin. Tous le film est scandé par les séquences qui se déroulent dans le cabaret de travestis, microcosme où apparaît comme grossies à la loupe et stylisée comme dans un cauchemar, les étapes successives de la montée du nazisme » Jeanine Chasseguet Smirgel. Sur l’homosexualisme…

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    • Waaa… et dans « The first Avenger », on apprend que derrière les vilains nazis se cachaient l’organisation Hydra qui était dirigée par un humain génétiquement modifié !
      A bas les OGM ! Les entreprises qui en font sont surement dirigée par des membres rescapés de Hydra et sont donc forcément pire que des nazis !
      lol

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  14. Het spel van de Europese politieke fracties heeft steeds minder te maken met politieke overtuigingen, dan wel met het behalen van zoveel mogelijk zetels en bijbehorende werkingsmiddelen. Eigenlijk niet verwonderlijk als je de partijen ziet die opkomen in de verschillende landen, daar is hoe langer hoe minder een lijn door te trekken.

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  15. Marcel Sel, la langue française, si riche fût-elle, demeure manifestement manichéenne et sans nuance pour des sujets comme ici, se limitant à des appréciations en -phobe ou -phile, par exemple pour les homos. Il y a une nuance entre dénoncer une dérive et persécuter des personnes qui ont choisi une autre voie.

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    • Je serais curieux de savoir ce qui constituerait une troisième voix entre homophilie et homopobie. Il me semble que l’un est l’opposé de l’autre. Homophilie signifie pour moi l’acceptation de l’homosexualité comme un droit plein et inaliénable.

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      • « gay friendly » me paraît un intermédiaire acceptable, « homophile » fait un peu extrêmiste « collectionneur timbré »…

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      • -« l’acceptation de l’homosexualité comme un droit plein et inaliénable ». La liberté des uns s’arrête où commence celle des autres. Et le droit des enfants d’avoir un encadrement parental sexué et différencié? Je propose homosceptique.

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      • Mélusine,

        On peut-être homophile sans être « homolâtre ». Ce n’est pas parce que je suis homophile que je ne puis pas être critique ou réservé par rapport à certaines revendications homos.

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        • Pour Marcel Sel: j’aime le parento-sceptique. Mes propos ne sous-entendent nulle part que les couples hétéros sont parfaits. Mais ce n’est pas parce que des personnes se garent mal (métaphore) que cela permet à tout le monde de faire de même…

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        • Mélusine (pas l’originale), pourriez-vous signer Mélusine 2, par exemple, qu’on vous distingue de Mélusine, autre commentatrice du blog arrivée en 2009 ? Ça m’éviterait d’éditer à chaque fois le nom de votre message. Merci.

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  16. Marcel,

    Derrière tout ceci, d’autres enjeux ne se cachet-ils pas ?
    Je m’explique :

    Au sein de l’Europe aujourd’hui, les Libéraux, globalement favorables à une politique socio-économique libérale et à un plan qui doit conduire à la réduction des déficits publics, se divisent grosso modo en deux clans : les pro-européens convaincus et les euro-sceptiques qui restent au sein de l’Europe pour mieux la contrôler. Les pro-européens sont largement majoritaires.

    Or, nombre d’entre eux sont arrivés au constat que le projet de construction européenne est occupé à buter contre les résistances nationales. Ces pro-européens libéraux sont globalement fédéralistes, pour autant bien sûr que les impulsions qui seront données au sein de l’Europe rejoignent leur vision de la société, fondée sur le libéralisme au sens large, tout à la fois sociétal et socio-économique. Le constat qui de plus en plus s’impose est que ces résistances nationales, non seulement risquent d’entraîner une stagnation du projet européen, mais même, plus grave, risquent d’aboutir à un échec dudit projet, qui pourrait s’avérer à terme terriblement délétère pour l’ensemble de notre continent.

    Le constat est assez évident : si l’on veut créer en Europe une sorte de grande fédération aux pouvoirs politiques intégrés, seule condition d’un déploiement des idées d’un libéralisme à la fois sociétal et socio-économique, on ne pourra y parvenir qu’en réduisant les poches de résistance constituées par les grands états-nations.

    Le diagnostic, pour ces libéraux pro-européens, est d’autant plus évident que les formes de résistance, précisément, se cristallisent aujourd’hui autour de partis nationalo-réactionnaires, partis qui sous la houlette du FN français tentent actuellement de constituer au sein du parlement européen un groupe qui constituerait comme le cheval de Troie en Europe, avec comme personnage d’Ulysse Marine Le Pen. Cette perspective est perçue aujourd’hui comme un danger réel, très grave, qui pourrait aboutir dans plusieurs années à l’éclatement pur et simple de l’Europe. Nous en retournerions à plus de soixante ans en arrière. Plus jamais cela !

    C’est ici que rentre en jeu une « idéologie » un peu paradoxale, celle de l' »Europe des Régions ». Pourquoi paradoxale ? Parce que cette idéologie se nourrit à la base d’énergies identitaires, ultra-régionalistes, pour ne pas dire nationalistes, mais que dans le même temps elle reste favorable au modèle de la construction européenne. Or, précisément, le parti qui, aujourd’hui, incarne le mieux cette idée en Europe est la NV-A qui a inscrit à son programme la séparation de la Belgique mais corollairement l’intégration dans une grande Europe fédérale des régions.

    Or, cette idéologie de la NV-A est ce qui a permis de marginaliser complètement un autre parti nationaliste flamands, aux références celles-ci explicitement nauséabondes, et qui par ailleurs très euro-sceptique : le Vlaams Belang. De ce point de vue, de plus en plus nombreux en Flandre considèrent que la NV-A pourrait donc bel et bien être une partie de la solution, une solution qui à la fois devrait permettre de minorer de plus en plus l’extrême-droite inavouable en Europe et de relancer le processus d’intégration européenne sur un mode fédéral.

    Et il se fait que ce processus, en Europe, ne se limite pas aujourd’hui au seul cas de la NV-A. D’autres partis nationalistes en Europe, qui n’en restent pas moins légalistes, non révolutionnaires, donnent du blé à moudre à cette même thèse selon laquelle, pour relancer le projet européen, il faudrait en passer aujourd’hui par un rééquilibrage des entités « nationales » au sein de la grande Europe en construction. C’est en particulier le mouvement de Jorgi Pujol, en Catalogne, nationaliste convaincu quoiqu’européen et légaliste, qui peut bien sûr s’appuyer par ailleurs sur des éléments plus radicaux. C’est également le cas du SNP en Ecosse, dont certaines analyses prévoient qu’il pourrait parvenir à la majorité en Ecosse d’ici moins de dix ans.

    A contrario, précisément, l’Angleterre des Tories et de Cameron donne du crédit à cette thèse. Cameron vient en effet de faire un pari très dangereux pour son propre pays : non seulement il n’est pas parvenu à faire blocage au sein de la CEE, y ayant perdu les quelques alliés qu’il avait, mais qui plus est, dans la foulée, il pourrait même perdre l’Ecosse, un événement qui pourrait finir par faire tache d’huile au Pays de Galles. Force est de constater que le dossier Cameron est, en l’espèce, ici tout à fait déterminant. Cameron, en effet, incarne la politique du statu quo en Europe, un statu quo que seul, semble-t-il, est en mesure aujourd’hui de balayer l’idéologie fédérale européenne que l’on ne parviendra à imposer qu’en misant sur l’Europe des Régions. C’est ainsi, paradoxalement, que des partis à l’origine identifiés à des partis nationalistes auront fini par devenir, à leur corps défendant pour certaines, des acteurs décisifs de la construction européenne. Et force est de reconnaître qu’avec un Jorgi Pujol, Bart De Wever, quelles que soient ses racines historiques et idéologiques profondes, est devenu, à son corps défendant lui aussi, l’un des parangons de cette gigantesque partie d’échecs.

    Cette dynamique, à vrai dire, est incarnée au premier chef, ou du moins est contenue potentiellement, dans ce laboratoire par excellence, au moins potentiellement, du modèle de construction fédérale vers laquelle pourrait tendre l’Europe qu’est aujourd’hui la république fédérale allemande. Un modèle fédéral au sein duquel les niveaux d’autonomie peuvent être d’intensités différentes comme l’illustre parfaitement le cas de la Bavière, cette Bavière précisément qu’affectionne Bart De Wever (où il passe chaque année ses vacances). Et il est tout aussi symptomatique que la France elle-même, pourtant l’exemple par excellence du modèle centralisateur (à l’origine royal puis jacobin) s’oriente vers un décentralisation dont on pressent de plus en plus qu’elle ne se limitera pas à un simple redécoupage administratif. Le débat actuel sur la place à accorder à l’Alsace et à la Bretagne (une Bretagne séparée des pays de Loire, mais qui pourrait conserver le pays nantais) dans le grand découpage en chambre auquel on assiste actuellement à Paris est de ce point de vue tout à fait symptomatique.

    Ce sont donc bien ainsi deux visions de l’Europe qui s’affrontent actuellement, celle d’une Europe des Régions qui serait d’instance libérale et celle d’une Europe des nations dans laquelle, paradoxalement, se retrouveraient de préférence les milieux de la gauche européenne. Double paradoxe donc qui verrait des nationalistes œuvrer à un projet fédéraliste européen, un projet fédéraliste et régionaliste qui ne peut par ailleurs que satisfaire les libéraux pur jus qui y verront la possibilité de maintenir une carte en forme de mosaïque qui permettrait de voir jouer à plein la concurrence économique entre ces régions, et donc une forme de dérégulation sociale. Qui verrait d’autre part les milieux de gauche, pourtant européens convaincus, s’accrocher au vieux modèle de l’Europe des nations, dont le danger qu’il représente pour la construction européenne est évident pourtant, ne pressentant que trop bien ce que le modèle de l’Europe des régions peut constituer comme danger en termes de dérégulation sociale.

    À vrai dire, le clivage n’est pas aussi net que je viens de le décrire. Certains « libéraux sociaux », dont Verhofstadt, ont bien compris que pour parvenir à une Europe intégrée, y compris en termes fiscaux et sociaux, il n’y aurait d’autre voie que le modèle des Régions. Loin de vouloir déréguler à tout crin, ces « libéraux sociaux » misent dans un premier temps sur une forme de redécoupage qui ne pourra que bénéficier à un redémarrage de la dynamique de construction européenne pour aboutir à une forme d’intégration qui inclurait des dispositifs de protection sociale minimaux, à une échelle plus large. Il n’est pas peu significatif, sous ce rapport, que ces mêmes « libéraux sociaux » aient été de ceux qui se sont réjoui, par exemple, de la coalition CDU-SPD en Allemagne, qui a permis d’adopter enfin un salaire minimum à l’échelle de la république allemande, ce qu’ils considèrent comme une sorte de premier pas vers une solution qui, à terme, pourrait être adoptée à l’échelle européenne.

    C’est dans ce contexte général qu’il faut reconsidérer à mon avis la porte que des gens tels que Verhofstadt (qui, lui, n’est pas coincé par le soupçon de « traîtrise » qui guette les Libéraux francophones tels que les Michel) viennent d’ouvrir à la NV-A dans le PPE. Il importe par ailleurs de se rendre à l’évidence que, pour ces mêmes milieux politiques, le processus régionaliste favorable au modèle de l’Europe des régions est devenu inéluctable. Et de fait, les Catalans, quel que soit ce que permette ou non en théorie la constitution espagnole, tireront leur révérence d’ici six mois (la visite officielle que s’apprête à faire à Barcelone le roi Felipe n’y changera rien), de cela aujourd’hui tous sont convaincus. De même que l’on sait déjà par avance que cette séparation de la Catalogne va peser lourd sur des régions telles que l’Ecosse, la Bretagne, la Flandre, voire même la Bavière. Le seul pays, paradoxalement ici encore qui pourrait contredire ce processus, et ce en dépit de l’existence d’un parti nationaliste fort depuis trente ans, la Lega Lombarda de Bossi (parti toutefois aux relents fascisants évidents), est l’Italie. C’est que l’Italie est peut-être le pays le plus paradoxal de tous en Europe. Toute son histoire a été dominée par le morcellement, un morcellement décliné en frontières, en principautés, mais c’est sa culture, en revanche, qui in fine aura contribué à créer un sentiment national d’une force inouïe.

    Bart De Wever n’est donc bien, sur cet échiquier européen, qu’une pièce qui à terme devrait mener vers un modèle d’intégration européenne. Et ceci, quoi que l’on pense de lui, quelles que soient, une fois encore, les origines peu avouables de ses antécédents ! L’Histoire est aussi, hélas (ou parfois pour le meilleur), au prix de ces compromissions que d’aucuns préfèreront ignorer.

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    • Marcel,

      Je m’attendais à une réaction de votre part. Mon développement sur le fond était, me semblait-il, de nature à vous faire réagir, car j’imagine que vous ne voyez pas les choses comme moi. Dois-je conclure que votre silence tient lieu de réponse.

      Je note par ailleurs que BDW prépare une note en vue de l’hypothèse d’une coalition des droites. Qu’est-ce à dire s’il devait y parvenir ? Je trouve la situation plutôt intéressante d’un point de vue politique. Nous nous retrouverions en effet avec un gouvernement fédéral qui serait radicalement opposé à la composition du gouvernement régional de Namur. Ironie du sort quand on sait que, sur la dernière législature, c’était la Flandre qui s’était trouvée peu ou prou dans la même situation. Un renvoi de l’ascenseur ? Ou un simple mouvement de balancier ? C’est en tout cas la réponse du berger à la bergère. Qu’en adviendra-t-il ? Un gouvernement fédéral aux manettes qui se donnera pour ligne de conduite une réduction drastique de la dette publique, en reportant sans doute partie de la facture sur les régions, et un gouvernement régional au sud du pays tenté de ne pas jouer la carte de l’orthodoxie budgétaire mais qui n’en restera pas moins sous la loupe de l’Europe où les socialistes sont occupés à soutenir le très conservateur (et très insupportable) Juncker !!!! Pas triste, vous ne trouvez pas ? Décidément, rien ne fonctionne plus comme ceux qui sont dans les clivages traditionnels l’auraient imaginé.

      Et la démocratie là-dedans ? Eh bien précisément, la démocratie, quelque part, c’est aussi cela. C’est aussi, qu’on le veuille ou non, un BDW qui parviendra peut-être à mettre autour de la table CDH et MR. Du triomphalisme ou des sarcasmes de ma part ? Absolument pas. Je restais personnellement attaché à une formule « réaliste », celle qui aurait vu monter dès le départ le PS et le MR à Namur, et qui pour ce prix aurait pu se permettre d’imposer la même formule au Fédéral, que BDW en ce cas n’aurait pas pu refuser. Oui mais voilà, le PS l’a joué en fonction de ses intérêts immédiats, croyant qu’il imposerait une fois de plus son dictat et sa loi, et en démocratie, les mauvais coups parfois (même souvent) finissent par se retourner contre ceux qui s’imaginent pouvoir en jouer et en abuser.

      J’ai déjà eu l’occasion d’écrire sur ce blog que je n’étais pas un MR. De centre (entre le Centre gauche et le Centre droit …. je ne sais où exactement), je reste très attaché, viscéralement attaché, à l’ouverture d’un débat public qui donne sa chance à toutes les expressions, mais aussi à toutes les solutions. L’immobilisme incarné par le PS en Wallonie, fort d’un système électoral pris en otage par une pratique politique parfois douteuse, n’incarne pas à lui seul la démocratie, quand bien même l’étymologie de ce terme renverrait à la notion de « pouvoir au peuple ». Je sais, Marcel, que cela vous fera fulminer, mais quelque part BDW, dans une certaine mesure, constitue lui aussi l’une des modalités de cette démocratie que l’on peine trop souvent à rencontrer.

      La réalité humaine est, par essence, paradoxale, car elle s’exprime et se donne à voir au travers du discours qui, au moment même où il affirme un postulat, inclut son contraire. « Je t’affirme que je mens ». Mentirais-je ou dirais-je la vérité ? Bien malin qui pourra répondre à cette question. Il n’empêche que c’est au moment même où il se déploie en visibilité que le paradoxe en nos sociétés humaines déploie avec le plus d’évidence les forces intrinsèques à l’univers humain susceptibles de le faire évoluer. En somme, quand bien même BDW serait animé par des énergies occultes et réactionnaires, en définitive très conservatrices, est celui-là même qui, peut-être, nous aidera, nous francophones de Belgique, à nous mettre en mouvement.

      Guy Verhofstadt et Louis Michel, der Schub ?

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      • Comme vous pouvez le voir, Tournaisien, ça fait une semaine que je n’ai plus publié de billet. Ça signifie aussi que je n’ai pas le temps de vous répondre, hélas. Je suis comme qui dirait débordé 🙂

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      • « le parti qui, aujourd’hui, incarne le mieux cette idée en Europe est la NV-A qui a inscrit à son programme la séparation de la Belgique mais corollairement l’intégration dans une grande Europe fédérale des régions »

        @Tourn’

        voici une affirmation qui vaut son pesant de KKKhuète non-ogm (pardon aux allergiques)

        une « grande » Europe [« european » only I suppose dr livingstone] « fédérale » des « régions »

        le sens d’une telle ambition avec de tel élément de langage ça ne veut strictement rien dire:

        – GRANDE (petit continent, grandes régions incontinentes)

        – FÉdÉRALE(!) qu’est qu’on peut rigoler avec ça , mais un belge qui parle de « fédéral » franchement de quoi il parle, ça pue son delperée qui parle de « racisme » pour la n-va… ça pue la fédération d’Entités fédérées autonomes et autre bazar incompris… pourquoi d’ailleurs CONfédéral par ci et FÉEdéral par là ?
        -peur du ridicule, de la GRANDE europe ou simple bétise… (éventuellement flamande)

        – R É G I O N hahahahaha c’est à mourir de rire tous ces crétins à ontologie simplifiée et attardée, loser du xixe se fantasmant winner au xxie, tous associent leur « région » à une « nation »

        sinon mon cher Tourn’ mis à part le manque de sensibilité au monde réel de vos neurones les plus musclés, je partage plutôt vos enthousiasmes , (néanmoins votez fdf à tournai pour changer qqch me paraît encore et même après réévaluation assez petit zizi, ces gens même quand ils ont raison n’ont pas fait bouger dans ce pays d’un centimètre les sentiments des gens de pouvoir)

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    • boaf
      L’ennemi de mon ennemi Etat est un ami de circonstance.
      Et après l’Europe des Etats, les mouches (des régions feront pacte (d’acier).

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    • Sir,

      it seems you make two predictions, although you hide them in a flow of complicated sentences the meaning of which is mostly abstruse:

      « …SNP en Ecosse, dont certaines analyses prévoient qu’il pourrait parvenir à la majorité en Ecosse d’ici moins de dix ans… »

      Here is some news for you: the Scottish Parliament counts 129 seats. The SNP reached relative majority in 2007 when they won 47 seats to Labour’s 46, making them the largest party in the 2007 Parliament. In the 2011 election, they won 69 seats, giving them an absolute majority. Their advance was to the expense of … the LibDems and, to a lesser extent, Labour.

      « …les Catalans … tireront leur révérence d’ici six mois (la visite officielle que s’apprête à faire à Barcelone le roi Felipe n’y changera rien) »

      so, according to you, we may expect an independent, or openly secessionist, Catalunya by year’s end. We’ll see then, but IMHO you are more than totally wrong: you are talking through your head.

      With due respect,

      miyovo

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  17. Di Rupo, Magnette, camarades,

    SVP, imosez votre idéologie pleinement aux régions qui votent pour vous, mais pas à une région dans laquelle 80% des gens est archi-contre votre idéoligie.

    Notre avenir et celui de nos enfants vaut mieux que les quelques posts pour vos pôtes.

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    • imosez votre idéoligion aux gens archi-contre dont les enfants valent mieux que les nôtres

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      • Uit ‘t Zuiltje,

        Thomas vous propose tout simplement de choisir votre chemin/destin vous-même, sans l’influence du maudit Nord.
        Pourquoi votre Wallonie, craint-elle ce que châque région au monde aimerait : plus de responsabilité ?
        Créez votre paradis socialiste, mais sans nous. Merci.

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        • @MUC

          mis à part le fait que j’habite en « flandre »,

          votre
          « Créez votre paradis socialiste, mais sans nous. Merci. »
          est j’imagine votre réaction à mon
          « aux gens archi-contre dont les enfants valent mieux que les nôtres »

          votre problème voyez-vous MUC c’est que le paradis c’est la flandre et les flamands sont les seuls a ne pas en avoir été chassé, c’est d’ailleurs pourquoi ils sont purs, innocents et nus, cent péchés d’orgueil ni complexe de supériorité…

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  18. -« celle d’une Europe des Régions qui serait d’instance libérale et celle d’une Europe des nations dans laquelle, paradoxalement, se retrouveraient de préférence les milieux de la gauche européenne ».
    Ce point de vue est l’exact opposé de celui de Pierre Mendès France qui voyait une Europe des Régions, mais de gauche.

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  19. C’est souvent sur le fumier que naissent les plus belles roses. Passage peut-être obligé (l’extrême-droite) pour créer une nouvelle Europe (effet de balancier, Eros et thanatos). Du pire peut naître le meilleur. L’histoire nous l’a toujours appris. L’idéal étant que chacun cultive son jardin et profite du soleil et de la pluie que nous avons encore la chance de partager en commun (sans pollution et sans OGM). On peut toujours rêver. En attendant la potion est très amère.

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    • Si je me souviens bien, j’étais la première avec le pseudo « Mélusine » (en 2010). Par mes propos sur l’extrême-droite, je veux juste exprimer que toute démocratie connaît sa mort pour mieux ressusciter. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas combattre toute forme de fascisme…

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  20. Sir,

    it seems you make two predictions, although you hide them in a flow of complicated sentences the meaning of which is mostly abstruse:

    « …SNP en Ecosse, dont certaines analyses prévoient qu’il pourrait parvenir à la majorité en Ecosse d’ici moins de dix ans… »

    Here is some news for you: the Scottish Parliament counts 129 seats. The SNP reached relative majority in 2007 when they won 47 seats to Labour’s 46, making them the largest party in the 2007 Parliament. In the 2011 election, they won 69 seats, giving them an absolute majority. Their advance was to the expense of … the LibDems and, to a lesser extent, Labour.

    « …les Catalans … tireront leur révérence d’ici six mois (la visite officielle que s’apprête à faire à Barcelone le roi Felipe n’y changera rien) »

    so, according to you, we may expect an independent, or openly secessionist, Catalunya by year’s end. We’ll see then, but IMHO you are more than totally wrong: you are talking through your head.

    With due respect,

    miyovo

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    • Dear Miyovo,

      Above all, I would apologize my late answer to your brilliant paper. I was out … I mean : « out of Belgium ».

      Sure, you are very well documented, probably more than me. But what i wanted mean was of global reach. I’m convinced that the general movment is the one I have described. never mind the results of the SNP or the Catalan separatist parties.

      Yours faithfully

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    • @miyovo

      suis pas sûr de tout comprendre, mais effectivement d’ici la fin de l’année ni l’autonome flandre, ni l’écosse ni l’autonome catalogne, ni la corse, ni le glorieux pays basque, ni l’irlande du nord, ni la frise, ni la vraie bretagne de l’ouest, ne seront indépendantes dans l’europe des régions

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  21. Bonjour Marcel Sel. Mélusine II (ou pas l’originale) se transforme en Mélanippe. Mélusine se référait au titre d’une revue surréaliste.

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  22. On pourrait avoir une première passe de quotidien titrant «Au pays des kamikazes, un Maître Zen s’est fait Hara-Kiri» ou, traduit en « junkie » (c’est à dire en français): Verhofstadt meurt politiquement grâce à Gwendo, mais sauve Dewael un extremis d’un OVLD (re)devenu nationaliste…
    Est-ce qu’Alexander de Croo est heureux? Est-ce que Quicky (OVLD Volksunie de haut niveau, mais, paraît il, modéré) va faire son retour « surprise » dans un gouvernement…
    Est-ce que les pères DeCroo et Michel vont aller manger chez Bruneau avec Albert 2 (le roi-père) pour un gueuleton belgostalgique ?
    Est-ce que Francis Delperée et Denis Ducarme sont prêts à la joute verbale avec Moureau et les frères Happart ?

    En gros, est-ce que la Belgique ne tient plus qu’à la splendeur politique passée d’Elio? Ou à ses compétentes métastases Onckeldaele et Uyttenlinckx ?

    À en juger du chapeau de la souveraine, le couple royal s’apprête à s’exiler chez les cousins bataves d’ici peu…
    Bart a donc gagné.

    ALÉA JACTA EST.

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  23. On pourrait avoir une première page de quotidien titrant «Au pays des kamikazes, un Maître Zen s’est fait Hara-Kiri» ou, traduit en « junkie » (c’est à dire en français): Verhofstadt meurt politiquement grâce à Gwendo, mais sauve Dewael un extremis d’un OVLD (re)devenu nationaliste…
    Est-ce qu’Alexander de Croo est heureux? Est-ce que Quicky (OVLD Volksunie de haut niveau, mais, paraît il, modéré) va faire son retour « surprise » dans un gouvernement…
    Est-ce que les pères DeCroo et Michel vont aller manger chez Bruneau avec Albert 2 (le roi-père) pour un gueuleton belgostalgique ?
    Est-ce que Francis Delperée et Denis Ducarme sont prêts à la joute verbale avec Moureau et les frères Happart ?

    En gros, est-ce que la Belgique ne tient plus qu’à la splendeur politique passée d’Elio? Ou à ses compétentes métastases Onckeldaele et Uyttenlinckx ?

    À en juger du chapeau de la souveraine, le couple royal s’apprête à s’exiler chez les cousins bataves d’ici peu…
    Bart a donc gagné.

    ALÉA JACTA EST.

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